Publicité
|   INSCRIVEZ-VOUS A NOTRE NEWSLETTER

Des footballeuses agressées dans l’indifférence générale dans un stade parisien

13 mai 2013
| Mots-clés: , ,

Logo rogné

Communiqué de presse

Paris, le 13 mai 2013

Alors que cette semaine sera marquée par l’organisation des premiers Etats Généraux du sport féminin en équipe, à Bourges, les 16 et 17 mai, l’association Les Dégommeuses tient à alerter l’ensemble de la communauté sportive quant aux violences et aux discriminations quotidiennes que rencontrent les femmes engagées dans la pratique sportive.

Le lundi 6 mai 2013, les joueuses de l’équipe féminine de football parisienne « Les Dégommeuses »  se sont fait violemment agresser par un groupe d’adolescents, au cours d’un de leurs entraînements hebdomadaires.

Venus se poster sur le toit d’un immeuble jouxtant le terrain de football, une dizaine de jeunes garçons ont commencé par interpeller les joueuses avec des insultes sexistes (« sales putes », « suce-moi la bite », etc.) accompagnées de gestes à connotation sexuelle. Les adolescents ont ensuite mis la main sur un stock d’une vingtaine de bouteilles d’eau pleines, qu’ils ont lancées du haut du bâtiment en visant les joueuses. Si, fort heureusement, celles-ci ont réussi à esquiver les bouteilles et aucune n’a été blessée, les conséquences de ces agressions auraient pu être dramatiques.

Cette scène a duré une bonne vingtaine de minutes et s’est déroulée dans l’indifférence générale. En effet, les joueurs qui évoluaient sur l’autre moitié de terrain du stade, ce soir là, dans le cadre d’une compétition régionale de foot à 7, n’ont pas daigné réagir. Et lorsque la police est arrivée et les a questionnés, ils ont feint, pour la quasi totalité d’entre eux, de n’avoir rien vu. Quant à l’arbitre, il a déclaré qu'il avait entraperçu ce qu'il se passait, mais qu’il ne pouvait tout simplement pas interrompre un quart de finale de coupe! Les quelques employés municipaux présents dans l’enceinte ont tardé à intervenir et n’ont pas semblé mesurer bien davantage la gravité de la situation.

Face à la portée de ces faits, les Dégommeuses estiment qu’il est intolérable que des joueuses de football viennent s’entraîner avec la peur au ventre, parce qu’elles ne se sentent pas en sécurité, ou avec le sentiment qu’elles n’ont pas leur place sur un terrain de football, parce que tout est fait pour les dissuader d’occuper cet espace. Elles en appellent donc à la responsabilité des élus et de l’ensemble des acteurs de la jeunesse pour protéger les unes et éduquer les autres.

Convaincues que le changement des comportements passera avant tout par la prévention, les Dégommeuses demandent que des actions de sensibilisation contre le sexisme soient mises en œuvre très rapidement en direction à la fois des jeunes de la Ville de Paris et des agents municipaux.

Plus largement, les Dégommeuses espèrent que les faits malheureux qui se sont produits permettront de mettre en évidence la nécessité d’octroyer des moyens beaucoup plus importants pour la lutte contre le sexisme dans le milieu sportif (en particulier dans les sports traditionnellement considérés comme plutôt « masculins » comme le football) afin d’encourager et de protéger la pratique sportive des femmes.

11   |

Veillée en mémoire de nos soeurs lesbiennes sud-africaines / In memory of all our South-African sisters

17 mars 2013
|

(In English below)

Nqobile Khumalo, Sasha Lee Gordon, Mandisa Mbambo, Buhle Msibi, Hendrietta Morifi, Tshuku Ncobo, Phumeza Nkolonzi, Noxolo Nogwaza, Desire Ntombana, Thokozane Qwabe, Nokuthula Radebe, Busi Sigasa, Sihle Sikoji, Eudy Simelane, Sanna Supa, Ntsiki Tyatyeka… Quelques unes de nos sœurs sud-africaines dont la vie a basculé parce qu’elles étaient lesbiennes.

Le dimanche 17 mars 2013 Les Dégommeuses (association sportive et de lutte contre les discriminations) & Inkanyiso (réseau d’artistes et activistes documentant la vie des lesbiennes en Afrique du Sud), ont organisé une veillée à la mémoire des femmes victimes de crimes de haine en Afrique du Sud en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre.

Picture by Zanele Muholi for Inkanyiso

Cette cérémonie organisée sur proposition de l’artiste Zanele Muholi, a offert un prolongement à l’évènement « Foot For Love », une semaine d’action contre les  violences lesbophobes organisée par les Dégommeuses autour de l’invitation à Paris de l’équipe du Thokozani FC de Durban, du 22 au 30 juin 2012.

Si le football a à voir avec le militantisme lesbien ici et là-bas, c’est que la transgression que représente le fait, pour une femme, de pratiquer un sport traditionnellement considéré comme masculin reste insupportable pour certains. Au point qu’elle semble s’ajouter aux facteurs motivant le déchaînement de la violence contre les lesbiennes. Ainsi, en Afrique du Sud, parmi les 40 femmes lesbiennes assassinées ou ayant subi des viols correctifs et dénombrées officiellement depuis 2001, figurent pas moins de 16 joueuses de foot.

candlelight2

 La cérémonie organisée dans le Parc des Buttes Chaumont en ce 17 mars rendait spécialement hommage à plusieurs d’entre elles :

Eudy Simelane (1977-2008) était une activiste pour les droits des LGBTI et aussi un milieu de terrain d  de l'équipe nationale sud-africaine féminine de football. Le corps d’Eudy a été retrouvé partiellement déshabillé près d'un ruisseau, à quelques centaines de mètres de la maison de ses parents (Kwa Thema, Gauteng). Elle avait été violée, battue et poignardée à 25 reprises. Eudy a été l'une des premières femmes noires à vivre ouvertement comme lesbienne en Afrique du Sud.

Mandisa Mbambo (1978-2012) était une joueuse de foot issue du township d’Inanda, à proximité de Durban. Le corps de Mandisa Mbambo a été retrouvé dans sa chambre, couvert de coups de couteau. On pense qu'elle a été violée avant d'être sauvagement assassinée.
Le média LGBTI Inkanyiso a documenté les funérailles de Mbambo

Sihle Sikoji (1993-2012) avait 19 ans quand elle a été agressée parce que lesbienne. Elle était joueuse de football au sein du fameux Winnie Ladies FC, à Gugulethu, Cape Town. Elle était également membre de Luleki Sizwe, une organisation qui soutient les lesbiennes noires et les femmes bisexuelles et transgenres dans les townships et les zones rurales. Sihle Sikoji a été assassinée dans la nuit du vendredi 9 novembre 2012 à Philippi, Cape Town. Elle et deux de ses amies ont été interpellées par plusieurs hommes qui les ont insultées et traitées d’ « hommes ». La discussion s’est envenimée, virant à la violence physique : Sihle a reçu de nombreux coups de couteaux dans la poitrine tandis que l'une de ses amies était poignardée au bras. Sihle a été enterrée à Unathi Crossroads (Le Cap), le 24 Novembre 2012. Au dessus-de son cercueil était disposé un ballon de football.

Le média LGBTI Inkanyiso a documenté les funérailles de Sihle

NB : Une nouvelle veillée aura lieu en souvenir de Buhle Msibi (1981-2006) et Busi Sigasa (1982-2013), le 6 avril, à Johannesbourg,  au Goethe Institut.

Pour plus d’informations : http://inkanyiso.org/?s=public+announcement

Nqobile Khumalo, Mandisa Mbambo, Buhle Msibi, Hendrietta Morifi, Tshuku Ncobo, Phumeza Nkolonzi, Noxolo Nogwaza, Desire Ntombana, Thokozane Qwabe, Nokuthula Radebe, Busi Sigasa, Sihle Sikoji, Eudy Simelane, Sanna Supa, Ntsiki Tyatyeka… Here are the names of some of our South African sisters who were murdered because they were lesbians.

On Sunday March 17th 2013 Les Dégommeuses (a sports association fighting against discriminations) & Inkanyiso (a network of artists and activists documenting the life and battles of lesbians in South Africa), held a vigil in memory of the women who suffered from hate crimes in South Africa because of their sexual orientation and/or gender identity.

 

candlelight

This ceremony, held on a proposal from the artist Zanele Muholi, offered an extension to the event "Foot For Love," a week of action against violence lesbophobic through sports organized by Les Dégommeuses from 22 to 30 June 2012.

If football has to do with the lesbian activism here and there, it’s because the transgression represented by the fact of a woman playing a sport considered as 100% masculine – as is the case of football, adds to the factors leading to this eruption of violence. Thus, out of the 40 hate crimes committed against lesbians since 2001, 16 hit female football players

The ceremony in the Parc des Buttes Chaumont in March 17 paid ​​special tribute to several of them:

Eudy Simelane (1977-2008) was an LGBTI-rights activist, and a midfielder for Bafana Bafana, the South African national women’s professional football team. Eudy’s body was found partially clothed in a creek, just a few hundred metres from her parents’ home in Kwa Thema, Gauteng. She had been gang raped, beaten and stabbed more than 25 times. She was one of the first women to live openly as a lesbian in Kwa Thema. Eudy Simelane died on Apris 28, 2008.

Mandisa Mbambo (1978 – 2012) was a soccer player from Inanda township, Durban. Mbambo’s body was found in her outside room with multiple stab wounds. It is believed that she was raped before being brutally murdered.
Inkanyiso queer media documented the funeral.

Sihle Sikoji (1993-2012)  was 19 years old when she was attacked for being a lesbian. She was a football player from the well-known Winnie ladies FC, in Gugulethu, Cape Town. She was also a member of Luleki Sizwe, an organization which supports black lesbians, bisexual women and transgender in townships and rural areas. Sihle Sikoji was murdered on the night of Friday 9 November in Phillipi, Cape Town. She and two friends of her were confronted by several men who verbally abused, saying that they acted like men. The confrontation became violent and Sikoji was stabbed in the chest while one of her friends was stabbed in the arm. Sihle was buried in Unathi Crossroads (Cape Town) on November 24, 2012.
Le média LGBTI Inkanyiso a documenté les funérailles de Sihle

Please note be a special occasion to remember Buhle Msibi (1981 – 2006) and Busi Sigasa (1982 – 2013) at Goethe Institut, in Johannesburg on the 6th April 2013.
For more info: http://inkanyiso.org/?s=public+announcement

 

 

5   |

« Mesdames, mesdemoiselles »: la réponse du journal l’Equipe aux Dégommeuses

16 mars 2013
| Mots-clés: ,

Les Dégommeuses avaient demandé un droit de réponse au journal l'Equipe, suite à la publication d'un article sexiste et rétrograde de Pierre Ménès dans une double page consacrée à l'égalité hommes-femmes dans le sport. Nous publions la réponse de l'Equipe, qui se dégage toute responsabilité. Remplaçons les mots "gonzesse" par "Noir" (voire renoi?), "Arabe" ou "Juif" et demandons-nous si l'Equipe, journal tiré à plus de 300 000 exemplaires, aurait publié ces propose en invoquant simplement la liberté de parole des personnes interviewées.

 

"Mesdames, mesdemoiselles,

Nous avons pris connaissance de votre demande de droit de réponse suite aux déclarations de Pierre Ménès dans notre édition du 6 mars dernier. Celles-ci ont été mentionnées dans le cadre d’une double page débat sur l’égalité homme – femme dans le sport. Un sujet sensible. Neuf personnalités ont été sollicitées pour livrer leur opinion, plutôt tranchée et forcément différente, sur le sujet. L’Equipe n’a pas cherché à se poser en arbitre. Nous avons simplement tenu à nourrir la réflexion de nos lecteurs qui, via notre site internet, ont ensuite alimenté le débat avec des propos souvent élogieux sur la pratique du sport au féminin et la nécessité de le défendre.
Vous avez le droit de ne pas être d’accord avec Pierre Ménès ou avec d’autres personnes interviewées et vous l’avez d’ailleurs largement fait savoir sur les réseaux sociaux, mais nous ne pouvons accéder à votre demande de droit de réponse, dans la mesure où votre association n’est pas mise en cause, ni citée dans nos colonnes.
Cordialement"

2   |

Le sexisme, un sport de mecs ?

8 mars 2013
| Mots-clés: , ,

Communiqué de presse en réaction aux propos sexistes du chroniqueur sportif P. Ménès

En ce 8 mars 2013, la Journée internationale des droits des femmes vient conclure une semaine tristement marquée par un déferlement de sexisme et de lesbophobie envers les femmes sportives.

La médaille d’or revient à l’élégantissime Pierre Ménès qui, dans l’Equipe du mercredi 6 mars 2013, affirme : « le foot, c’est quand même un sport de mecs (…) et pour voir une gonzesse dunker au basket, il faut se lever tôt ». Et de poursuivre sur le physique des joueuses qui, heureusement, deviendraient plus féminines et moins « grosses dondons trop moches pour aller en boîte le samedi soir ».

 

Pourtant, force est de constater que ces dernières années ce sont plutôt les résultats et l’attitude de l’équipe féminine nationale de football qui ont réconcilié les Françaises et les Français avec ce sport. Devons-nous également rappeler à Pierre Ménès que les prouesses de Céline Dumerc, élue sportive française de l’année 2012 par les auditeurs de Radio France, ont permis à l’équipe de France féminine de basket de remporter la médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Londres de l’été dernier ?

Les propos sexistes de Pierre Ménès ne sont hélas pas isolés. Ils s’inscrivent dans une longue série d’actes et de propos stigmatisants s’évertuant à réassigner les sportives aux normes de la féminité, faisant passer au second plan leurs performances. Et, c’est tout un système –sportifs, entraîneurs, journalistes, fédérations etc.- qui reproduit ces stéréotypes de genre. Comment ne pas rapprocher ici la verve nauséabonde de Pierre Ménès de celle de David Douillet ou Marc Lièvremont[1]? Ou encore des propositions de certaines fédérations sportives comme la Ligue féminine de handball estimant qu’il serait bon d’imposer aux joueuses le port de la jupe plutôt que du short ? Et comment passer sous silence la déclaration hallucinante de la présidente de la Ligue nigériane de football appelant à une chasse aux joueuses lesbiennes au sein des clubs et de l’équipe nationale ?

Face à ces agressions répétées, l’association Les Dégommeuses - qui promeut la présence des femmes dans le sport et le vecteur sportif comme levier de lutte contre les discriminations - dit : « Assez ! » Les propos de Pierre Ménès, comme ceux proférés par tant d’autres, sont une injure aux femmes et plus largement à toutes celles et ceux, associations, journalistes sportifs et sportives, pratiquants et pratiquantes, éducateurs et éducatrices sportives qui luttent contre les stéréotypes sur les terrains de sport.

Dans ce contexte, Les Dégommeuses demandent d’abord à la Fédération Française de Football et  à la Fédération Française de Basketball  de prendre position en condamnant fermement les déclarations de Pierre Ménès. Nous sollicitons aussi un droit de réponse au journal l’Equipe. Et surtout, nous exigeons des plus hautes instances sportives (Comité olympique notamment) et de l’ensemble des fédérations sportives françaises qu’elles abandonnent leurs politiques rétrogrades de « féminisation » du sport pour se lancer au contraire dans des actions de promotion réelle de l’égalité entre femmes et hommes et de sensibilisation au sexisme et à la lesbophobie. Enfin, nous  souhaitons que soit mis en place un véritable plan de lutte contre les discriminations sexistes et lesbophobes dans le sport. Nous en appelons sur ce point à la détermination et à la vigilance de Najat Vallaud Belkacem, Ministre des droits des femmes et Valérie Fourneyron, Ministre déléguée au sport et à la jeunesse.


[1] David Douillet a écrit dans ses mémoires qu’« une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n’est pas quelque chose de naturel, de valorisant ». Quant à l’ancien sélectionneur du XV de France, Marc Lièvremont, il s’est dit catastrophé que sa sœur joue au rugby…

16   |

Les lesbiennes mises au ban de l’équipe de foot nationale du Nigéria: réagissons !

7 mars 2013
| Mots-clés: , ,

Les Dégommeuses, ainsi que plusieurs autres associations et personnalités sportives (dont Lilian Thuram et Marinette Pichon), politiques et intellectuelles ont adressé un courrier à l’Ambassadeur du Nigéria en France, M. Akin O. Fayomi, à la suite de la décision scandaleuse de la présidente de la Ligue féminine de Football du Nigéria d’exclure les joueuses de football lesbiennes de l’équipe nationale et des clubs du pays.

 

Paris, le 7 mars 2013

Monsieur l’Ambassadeur,

La présidente de la Ligue féminine de football du Nigéria, Dilichukwu Onyedinma, vient de décider d’exclure les joueuses de football lesbiennes de l’équipe nationale et des clubs du pays.

Une telle discrimination est injustifiable et immorale. Elle contrevient aux principes les plus fondamentaux de respect des droits humains.

Cette décision, motivée par le seul argument que les joueuses lesbiennes ne sont pas dignes de représenter le pays, fait écho aux propos déjà intolérables tenus par l’ancienne sélectionneuse des Super Falcons, Eucharia Uche, qui s’est toujours vantée de ne pas avoir de joueuses lesbiennes au sein de son équipe. Elle intervient, par ailleurs, dans un contexte où l’ensemble de la communauté LGBT du Nigéria subit des violences et des discriminations quotidiennes, alors même que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté en juin 2011 une résolution historique promouvant l’égalité des individus sans distinction de leur orientation sexuelle.

Notre combat pour la dignité des joueuses nigérianes et de toutes les lesbiennes du pays ne se limitera pas à ce courrier. Nous allons très officiellement demander à la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) de suspendre la participation du Nigéria de toutes les manifestations sportives internationales.

Nous terminerons ce courrier en citant Nelson Mandela « Un être humain qui prive un autre être humain de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l'étroitesse d'esprit ».

Veuillez agréer, Monsieur l’Ambassadeur, nos hommages respectueux.

Audrey Keysers, Membre du Conseil National du Parti Socialiste, Co-auteure de « Football féminin. La femme est l’avenir du football » aux éditions du Bord de l’Eau. ; Maguy Nestoret Ontanon, Championne de France du 200m en 1994 et demi-finaliste aux Championnats du Monde. Co-auteure de « Football féminin. La femme est l’avenir du football » aux éditions du Bord de l’Eau. ; Lilian Thuram, Président de la Fondation Education contre le racisme. Champion du Monde an 1998. Champion d’Europe en 2000 ; Candice Prévost, Ancienne internationale de football. Consultante sur Eurosport ; Marinette Pichon, Ancienne internationale de football ; Michèle Sabban, Vice Présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France ; Olga Trostiansky, Présidente de la CLEF (Coordination française pour le lobby européen des femmes) ; Carine Favier et Véronique Séhier, Co-présidentes du Planning Familial ; Jean Vuillermoz, Adjoint au maire de Paris en charge du sport ; Marie-Catherine Ondoua, Adjointe au maire de Bagnolet déléguée à la petite enfance et aux sports ; Morgane Garnier, Adjointe au maire de Saint-Ouen ; Fabienne Broucaret, Journaliste, auteur de "Sport féminin : Le sport, dernier bastion du sexisme ?" (Michalon) et fondatrice du blog Sportissima ; Océanerosemarie, Comédienne ; Elisabeth Lebovici, Historienne de l’art et critique d’art. Chargée de cours à Sciences Po Paris et de séminaire à l’EHESS ; Christine Bard, Historienne, Professeure d’histoire contemporaine, Université d’Angers ; Lionel Gauthier, Directeur de la Fondation Lilian Thuram ; Nicole Fernandez-Ferrer, Centre audiovisuel Simone de Beauvoir ; Oristelle Bonis, Editions iXe ;

 

Les Dégommeuses, Lesbiennes of color, Coordination Lesbienne en France, Gay Attitude Guyane, Paris Foot Gay, Comité d’organisation Gay Games Paris 2018, Fédération Sportive Gaie et Lesbienne, Marche Mondiale des Femmes, Bagdam Toulouse espace lesbien, Collectif Sous les shorts des filles, Fol Effet, FTN, Dyke Air, Gouine Comme un Camion

 

11   |

Inkanyiso – le blog des lesbiennes qui résistent en Afrique du Sud

24 février 2013

(English below)

Lorsque vous vous rendez sur la "home" du blog Inkanyiso, vous ne pouvez pas savoir si vous allez tomber sur un reportage photo, sur un poème ou sur un témoignage. Car Inkanyiso est un blog qui propose des contributions aussi diverses que les lesbiennes qui y participent. On y trouve des journalistes, des artistes, des photographes... toutes partagent l'obsession de Zanele Muholi, la "grande sœur" qui a lancé Inkanyiso en 2009 : documenter la réalité des communautés LGBT noires en Afrique du Sud et la partager avec ces mêmes communautés.

L'équipe de Inkanyiso
L'équipe de Inkanyiso

Produire, éduquer, diffuser...

En zulu, Inkanyiso signifie "lumière".  Et le pari du réseau est bien de rendre visibles celles (parce qu'il s'agit avant tout de lesbiennes) dont la vie est trop souvent réduite à un fait divers illustré par une photo de passeport, lorsqu'un énième "crime de haine" défraye la chronique sud-africaine. Certes, le quotidien des lesbiennes noires est souvent marqué par la violence, et spécifiquement par la violence à caractère sexuel. Certes, très nombreux sont, sur le site, les témoignages de femmes qui ont été brutalisées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur apparence transgressant les normes de genre. Mais même lorsque le drame est irréparable, comme ce fut le cas pour Sihle Sikoji, jeune lesbienne de dix-neuf ans dont les funérailles ont été filmées par Inkanyiso (voir ci-dessous), ce qui est donné à voir en creux est la beauté, la force, et l'envie de vivre de toute une communauté qui s'organise pour résister.

 

Inkanyiso: the blog of South-African resisting lesbians

When you go to the Inkanyiso blog homepage, you cannot know if you come across a photo essay, a poem or a witness. For Inkanyiso is a blog that offers contributions as diverse as lesbians who take part in it. There are journalists, artists, photographers ... all of them share the same obsession: documenting and sharing the reality of black LGBT communities in South Africa, just like Zanele Muholi’s, their "big sister" who launched Inkanyiso in 2009.

Producing, educating, disseminating

In Zulu, Inkanyiso means "light." And, indeed, the network tries to shed light on those (namely lesbians) whose lives are too often reduced to a news illustrated by a passport photo, when yet another "hate crime" has occurred in South Africa. And it is true the black lesbians’ everyday life is often marked by violence, and specifically by sexual violence. It is also true that that Inkanyiso gathers many testimonies of women who have been abused because of their sexual orientation or appearance transgressing gender norms. But even when the drama is irreparable, as was the case for Sihle Sikoji young nineteen year old lesbian whose funeral was filmed by Inkanyiso (see above), what is given to see the beauty, the strength and the desire to live of an entire community which gets organized to resist.

4   |

Le Sénat s’intéresse aux violences lesbophobes

13 février 2013

La Commission sur le Statut des femmes (CSW) de l’ONU se réunira, comme chaque année, du 4 mars au 15 mars 2013 à New York. Le thème prioritaire 2013 sera « L’élimination et la prévention de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles. » A cette occasion, le Planning Familial, soutenu par Corinne Bouchoux (sénatrice du Maine-et-Loire) propose un atelier-débat ouvert à tou-te-s sur la question des violences lesbophobes. Les Dégommeuses interviendront ainsi au Palais du Luxembourg (siège du Sénat) pour évoquer la situation internationale et leur opération "Foot For Love", réalisée en partenariat avec une équipe de footballeuses sud-africaines.

« Violences faites aux femmes : la double peine des lesbiennes »

Le 5 mars 2013, de 14h à 17h

Palais du Luxembourg, Paris

Salle Vaugirard

 

Argumentaire :

Les lesbiennes, en tant que femmes et homosexuelles, sont susceptibles d’être confrontées à deux formes sociales complexes de « marginalisation », l’une liée au fait d’être une femme, l’autre liée au fait d’avoir des relations sexuelles et affectives avec une personne du même sexe. Lors de cet atelier, il s’agira :

*De comprendre et de questionner le pourquoi et le comment des violences qu’elles subissent au sein de la famille, de l’espace public, du travail et d’analyser pourquoi ces violences et cette lesbophobie restent si peu visibles et presque taboues.

*De réfléchir aux moyens de prévention, de changement social, d’évolution en matière d’égalité, de remise en cause des stéréotypes et des assignations de genre et d’interroger les rapports sociaux de sexe.

*De soutenir et de témoigner de la présence de femmes qui se mobilisent, s’organisent dans des contextes sociaux et culturels parfois très difficiles, et luttent au quotidien contre les violences lesbophobes (dont le viol dit « correctif », censé remettre les lesbiennes dans le « droit chemin » de l’hétérosexualité).

 

Programme des interventions :

*L’invisibilité des violences faites aux femmes en raison de leur orientation sexuelle. Etat des lieux et analyse. Intervenantes : Christine Bard, historienne-Université d’Angers et Brigitte Lhomond, sociologue.

*Agir au quotidien contre les violences et la lesbophobie : l’expérience croisée de SOS Homophobie, du Planning Familial et de la Coordination Lesbienne en France.

*La lutte contre la lesbophobie, une question internationale politique et de solidarité. Intervenante : Cécile Chartrain – présidente de l’association les Dégommeuses (« Foot for love »).

NB: Inscription obligatoire avant le 28 février par mail : secretariat@planning-familial.org

11   |

Les voeux des Dégommeuses

3 janvier 2013
|

Il y a un an jour pour jour, nous déposions à la préfecture de Paris les statuts de l’association Les Dégommeuses. L’idée était de donner un sens plus militant à nos activités, même si la joie de nous retrouver pour jouer au foot de temps en temps avait suffi à nous combler jusqu’alors.

PhotoGrid_1357160664789(1)

Souvenirs souvenirs....

Notre association a bien grandi en une année, portée par la conviction que le sport pourrait – devrait – représenter un terrain d’épanouissement individuel et collectif, et de renforcement de l’autonomie des femmes et de leur confiance en elles-mêmes. Nous avons aussi vu grandir nos espoirs et nos objectifs grâce à une chaîne de soutiens décisifs et de rencontres marquantes. En particulier celles que la semaine d’action Foot For Love, organisée à Paris avec le Thokozani FC d’Umlazi (Durban, AFS), du 22 au 30 juin 2012, a réussi à générer.

La série d’évènements que nous avions imaginée à cette occasion a drainé un nombre de spectateurs conséquent - filles et garçons, homos et hétéros, jeunes et moins jeunes. Il s’agissait alors d’attirer l’attention sur le phénomène des « viols correctifs » en Afrique du Sud mais aussi de donner à nos invitées la place qu’elles méritent, qui n’est pas seulement celle de victimes mais aussi de sportives valeureuses et de militantes vaillantes. On n’est pas près d’oublier les encouragements des gamins, émergeant des tribunes, en ce dimanche pluvieux où les Dégommeuses et le Thokozani FC se livrèrent un combat épique sur le terrain du Parc des Princes. Pas plus que les chants commémoratifs et le die in d’un jour de Gay Pride, au cours desquels nos amies sud-africaines rendirent hommage à leurs sœurs défuntes, terrassées par ce qu’on appelle pudiquement des « crimes de haine ».

Les témoignages de reconnaissance que nous avons reçus après Foot For Love, venus de France comme d’Afrique du Sud, représentent une première motivation importante pour continuer à s’engager dans la lutte contre la lesbophobie à l’échelle internationale, toujours en utilisant le vecteur sportif comme principal levier. Le pari financier, risqué au départ puisque la réalisation de Foot For Love impliquait un budget d’environ 30 000 euros, a également été gagné haut la main. Il doit nous donner confiance dans notre aptitude à développer de nouveaux projets ambitieux, en mobilisant davantage de monde encore. Merci à tous ceux qui se sont déjà engagés à nos côtés – institutions (Région IDF, Crips-IDF, Mairie de Paris…), associations (LOCs, Cineffable, CLF, Paris Foot Gay…), personnalités (Océane Rose Marie, Sarah Bettens, Lilian Thuram…) et médias (Yagg, la Dixième Muse…), sans lesquels nous ne pourrions envisager l’avenir avec autant de fougue. Et bienvenue aux autres.

Ensemble, formulons ce vœu commun pour 2013 : que cette nouvelle année soit celle des petits bonheurs et des grandes victoires pour tou-te-s, spécialement sur le chemin de l’égalité !

Au parc

 

3   |

Soirée FOL & FFFOOT mercredi 17 octobre à la Mutinerie, à Paris

15 octobre 2012

 

En ce début d’octobre pluvieux, difficile de se motiver pour sortir, a fortiori pour aller faire du sport ! Heureusement, les Dégommeuses et leurs copines de Fol Effet pensent à vous ! Parce que le foot c’est bien mais le foot + la fête c’est mieux, rendez-vous mercredi 17 octobre à la Mutinerie, dès 19h, pour la soirée «FOL & FFFOOT».

Cette petite sauterie sera avant tout l’occasion de rencontrer toutes celles que la perspective de taper dans un ballon motive mais qui n’ont jamais osé poussé la porte d’un club de foot. Quel que soit votre âge, votre niveau, votre poste sur le terrain, les Dégommeuses vous proposent de vous y mettre dans un cadre chaleureux et souple… Pas de compétition tous les week-ends ou d’obligation de présence à tous les entraînements : « plaisir » doit rester le maître-mot, même si nous parions que bientôt vous ne pourrez plus vous passer des retrouvailles du lundi soir au stade Louis Lumière !

Vous avez le genou en vrac, des chevilles en coton, ou pas plus envie que ça de vous mettre au foot ? Pas de problème : les Dégommeuses constituent aussi une association où vous pourrez vous investir si vous vous retrouvez derrière ces objectifs militants : promotion du sport féminin, lutte contre les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle et solidarité internationale. Mercredi soir, on tentera notamment de vous convaincre de l’utilité de notre projet en vous montrant des images de la semaine d’action « Foot For Love 2012 » et en vous parlant de notre super partenariat avec les footballeuses du township sud-africain d’Umlazi.

Bon, si vous détestez le foot et fuyez tout engagement mais que vous avez bien envie de boire un coup avec nous, venez quand même… On s’attaque même aux causes perdues d’avance ! ;-)

 

1   |

Foot For Love: solidarité avec les lesbiennes d’Afrique du Sud

27 juin 2012
|

Communiqué de presse

 

Le 23 juin, à une semaine exacte de la Marche des Fiertés 2012, le township de Nyanga (Cape Town – Afrique du Sud) a été le théâtre d’un nouveau crime de haine. Une jeune lesbienne de 22 ans, prénommée Phumeza, a été abattue par balle dans son propre domicile à cause de son orientation sexuelle.

Cet assassinat est le troisième qui frappe la communauté LGBT sud-africaine en moins d’un mois. Le 9 juin dernier, deux inconnus ont assailli et égorgé le défenseur des droits LGBT Thapelo Makhutle. Quatre jours plus tôt, un autre homosexuel, Neil Daniels, a également été victime d’une agression mortelle, après avoir subi des mutilations génitales laissant peu d’espace au doute quant à la nature du crime.

Des militantes luttant pour les droits des LGBT en Afrique du Sud, dont la photographe Zanele Muholi et plusieurs femmes qui ont survécu à des viols correctifs, sont présentes actuellement à Paris dans le cadre de l’opération « Foot For Love ». Elles défileront dans le carré de tête de la Marche des Fiertés, le samedi 30 juin.

1   |
Publicité