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Foot For Love
Taclons la lesbophobie!
Les Dégommeuses | 15.10.2014 - 10 h 59 | 4 COMMENTAIRES
« We are ALL football people »: Match de solidarité avec les refugié-e-s LGBT

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Le réseau européen FARE – Football against racism in Europe – dont les Dégommeuses sont membres, organise chaque année les « Football People Action Weeks », deux semaines de mobilisation contre les discriminations dans le monde du football. Dans ce cadre, l’association Les Dégommeuses organise le 15 octobre un match de solidarité avec les refugié-e-s LGBT.

 

Fuir pour survivre

En 2014, l’homosexualité reste pénalisée – voire criminalisée – dans près de 80 pays sur 193. De fortes régressions ont notamment été observées en Afrique ces dernières années. Pour échapper à la prison, à l’ostracisation, aux violences et souvent aux risques qui pèsent sur leur vie même, chaque jour des gays, des lesbiennes, des bisexuel-le-s et des trans fuient leur pays en espérant trouver un refuge ailleurs ; de préférence dans des pays considérés comme plus avancés en matière de protection des droits des personnes LGBT. La grande majorité des Etats membres de l’Union Européenne ne produisent pas de statistiques sur le nombre de demandeurs d’asile LGBT. Il est donc impossible de fournir des informations précises sur le nombre de personnes concernées au sein de l’UE. Cependant, les informations issues des bases de données de trois pays (Belgique, Norvège et Royaume Uni) confirment que ce sont plusieurs milliers de personnes LGBT qui viennent chercher refuge en Europe chaque année.

 

La carte des droits LGBT (source ILGA adapté pour Wikipedia)

La carte des droits LGBT (source ILGA adapté pour Wikipedia)

 

Des discriminations cumulées

Malheureusement, leur arrivée en Europe ne coïncide pas toujours avec une sérénité retrouvée. En effet, ils éprouvent souvent de grandes difficultés pour faire reconnaître la réalité des persécutions subies dans leur pays d’origine en raison de leur orientation sexuelle et donc pour obtenir des papiers. Ils sont en outre régulièrement victimes de discrimination dans leur pays d’accueil, en tant que personnes migrantes et/ou en tant que personnes LGBT.

Depuis 2011, l’Union européenne reconnaît l’orientation sexuelle et l’identité de genre comme un motif de persécution. Le « rapport » « Fleeing homophobia »[1] établit néanmoins qu’il existe des différences considérables dans la manière dont les Etats Européens examinent les demandes d’asile des personnes LGBT, en fonction des contextes locaux, mais aussi des préjugés homophobes et stéréotypes de genre que reproduisent les institutions et agents étatiques préposés au traitement administratif de ces cas.

Ainsi, l’appréciation de la crédibilité, c’est-à-dire de l’authenticité du récit de la personne demandeuse d’asile, élément au cœur du dossier des réfugié-e-s LGBT, reste assez aléatoire, puisqu’elle repose encore trop souvent sur une représentation archaïque de l’homosexualité comme inversion du masculin et du féminin. Ainsi, les hommes qui n’ont pas des attitudes ostensiblement « efféminées » et les femmes dont le look ou la gestuelle ne sont pas particulièrement « masculines » (a fortiori lorsqu’ils et elles ont été marié-e-s et ont eu des enfants) ont parfois moins de chances de voir leur demande aboutir. Par ailleurs, il existe un risque d’essentialisation de l’homosexualité qui va à l’encontre de la réalité mouvante des trajectoires biographiques et sexuelles, dès lors que le récit que chacun-e doit délivrer au moment de sa demande doit apporter la « preuve » de l’homosexualité, notamment par des détails relatifs aux relations homosexuelles précédemment entretenues ou à la fréquentation de lieux de sociabilités homosexuels. Du reste, ces modes d’attestation de la preuve prennent très mal en compte le fait que les existences homo et bisexuelles sont condamnées au secret dans des pays où l’homosexualité est passible d’une condamnation pénale.

 

Le foot pour s’émanciper et faire solidarité

L’organisation de ce match de foot est destinée à la fois d’abord à alerter l’opinion sur le sort des demandeurs d’asile et sans-papiers LGBT en France et en Europe. Il s’agit également d’interpeller le mouvement sportif quant aux conditions d’accueil à mettre en oeuvre urgemment afin de favoriser la pratique sportive régulière des publics les plus défavorisés et les plus éloignés de celle-ci. Cette rencontre sportive nous offre par ailleurs un espace symbolique pour affirmer les valeurs du partage et de la diversité; et plus basiquement un espace de résistance par le plaisir pour faire face aux difficultés du quotidien.

 

[1]Spijkerboer, T. P. (2011). Fleeing Homophobia. Asylum Claims Related to Sexual Orientation and Gender Identity in Europe.

Foot féminin | Les Dégommeuses | sport | 23.09.2014 - 18 h 19 | 2 COMMENTAIRES
La fin du foot à papa ?
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Après la défaite du Real Madrid contre l’Atletico il y a 8 jours, l’entraîneur du Real, Carlo Ancelotti a mis en cause l’engagement de ses joueurs en se distinguant par cette remarque : « Football is not a game for señoritas » (« le foot n’est pas un sport de demoiselles »). Ironie du sort, cette sortie à caractère à la fois sexiste et homophobe intervient au lendemain d’une conférence organisée par la FIFA, en partenariat avec FARE (Réseau européen d’acteurs engagés contre les discriminations) et Fifpro (syndicat international des joueurs professionnels), dont le mot d’ordre était « Respect diversity ».

Si l’UEFA a souvent été décriée pour son conservatisme – un peu moins que son pendant intercontinental, la FIFA, mais quand même! – , force est de reconnaitre les changements récents impulsés par l’organisation. En 2013, l’UEFA avait sensiblement durci son dispositif de mesures à l’encontre des acteurs coupables d’actes et propos discriminatoires, et leur application est devenue plus systématique. La conférence qui se tenait à Rome les 10 et 11 septembre 2014 a permis d’enclencher une vitesse supérieure dans la quête d’un football européen plus inclusif, en tout cas en termes d’affichage politique. Ainsi Michel Platini a introduit la conférence en n’hésitant pas à affirmer : « Le football à papa, c’est fini ! » ; ceci avant que ne soit dévoilé le tout nouveau clip vidéo de la campagne UEFA « Respect », qui met en scène entre autres la footballeuse lesbienne Casey Stoney et l’ex-international de foot allemand sorti du placard récemment, Thomas Hitzlsperger.

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Michel Platini a prononcé un discours offensif en ouverture de la conférence

La première journée de la conférence a servi à mettre en lumière des bonnes pratiques déjà à l’oeuvre en Europe en matière de promotion de la diversité. Mais surtout elle a permis de pointer les avancées réalisées en matière d’intégration des femmes dans les sphères dirigeantes, avec une table-ronde exclusivement féminine. Les quatre invitées – parmi lesquelles figurait Karen Espelund, toute première femme nommée au sein du comité exécutif de l’UEFA en 2011 – ont vanté les nouveaux programmes de l’UEFA dédiés à la participation des femmes*. Mais elles ont aussi insisté sans faux-semblant sur la nécessité de passer du stade des belles déclarations à un véritable plan d’action avec des objectifs clairs à moyen terme.

La seconde journée de la conférence a été un peu plus décevante. Elle a débuté avec différents ateliers, dont l’un était consacré à la lutte contre l’homophobie (« Tackling homophobia »). Le fait qu’aucun représentant de club de haut niveau ou de fédération  nationale n’ait daigné assister à cet atelier en dit long sur la priorisation de ce combat à l’échelle européenne, même si les workshops organisés en parallèle étaient tous dignes d’intérêt. Les participants (essentiellement des représentants associatifs issus de la communauté LGBT) ont posé comme principale revendication que l’UEFA cesse d’utiliser le mot racisme pour désigner ĺ’ensemble des discriminations, estimant que l’on ne parviendrait pas à lutter efficacement contre l’homophobie si l’on continuait à hésiter sur les termes à employer pour la qualifier. Ce constat fait suite notamment aux sanctions qui ont été prononcées par l’UEFA contre le Bayern Munich après un match de Ligue des Champions au cours duquel des supporters allemands avaient déployé une banderole caricaturant Mesut Özil, un canon tourné vers son postérieur, avec la mention « Gay Gunners* » (« cannoniers gays »). En conséquence, le Bayern avait été enjoint de payer une amende de 10 000€ (seulement!) et la tribune d’où provenait la banderole avait été fermée au match de Ligue des Champions suivant. Des bannières de l’UEFA disant « Non au racisme » avaient alors été disposées dans les travées vides.

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La banderole des supporters du Bayern que l’UEFA avait dénoncée comme… « raciste » (mars 2014)

Après la mise en commun des conclusions des différents ateliers en séance plénière,  des joueurs professionnels étaient conviés à partager leur expérience et leur point de vue sur l’état de la lutte contre le racisme dans les stades de football principalement. Malheureusement, pas de présence féminine sur scène cette fois, juste un enregistrement vidéo avec Laura Georges, la joueuse de du PSG et de l’équipe de France. Le peu d’attention dont jouit encore le foot féminin a, de fait, été l’objet de débat. En effet, comme l’ont rappelé les Dégommeuses dans une question adressée au représentant de la UEFA sur scène, la focale portée sur la présence des femmes dans les instances dirigeantes n’épuise pas la question de l’invisibilité et du déficit de reconnaissance des femmes dans le monde du football. Et la concentration des efforts symboliques et financiers sur le foot masculin dans la lutte contre les discriminations est un symptôme de ce manque de reconnaissance toujours patent, qui s’accommode parfaitement de la reproduction des stéréotypes de genre (cf. l’idée la femme « par nature » non violente et inoffensive). L’interview vidéo de Laura Georges, qui était focalisée essentiellement sur les craintes que celle-ci pouvait ressentir en tant que mère face aux débordements racistes et violents des supporters, était décevante de ce point de vue.

Malgré la table-ronde 100% féminine : "Why equality matters?", le foot féminin n'a été que peu abordé pendant la conférence

Malgré la table-ronde 100% féminine : « Why equality matters? », le foot féminin n’a reçu que peu d’attention à Rome

La « fin du foot à papa » n’est certainement pas pour demain. Pour l’heure, il est temps qu’une véritable politique de promotion du foot féminin et de lutte contre les discriminations visant aussi les actrices et acteurs du foot féminin soit mise en place. Car non, le racisme, l’homophobie, et même le sexisme, n’existent pas que dans le foot masculin. De façon plus générale, il serait opportun que l’UEFA et l’ensemble des fédérations nationales encouragent et accompagnent plus fortement la mobilisation des acteurs et actrices oeuvrant à la base de la pyramide pour faire une place aux minorités les plus opprimées (les réfugiés, les pauvres, etc.), sur et en dehors des terrains de foot, en inventant des dispositifs novateurs pour lever les freins à la pratique sportive ou en faisant un travail de sensibilisation de proximité.

Cécile Chartrain

* Voir en particulier le programme « Women’s Leadership », destiné à accélérer l’accès des femmes aux postes à responsabilité dans les fédérations nationales.

** Les « Gunners », c’est le surnom traditionnellement donné aux joueurs d’Arsenal.

 

 

Les Dégommeuses | 25.06.2014 - 15 h 03 | 3 COMMENTAIRES
Le Glam-Match: des paillettes et des crampons contre la lesbophobie et la transphobie
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Le 15 juin dernier, Les Dégommeuses et l’équipe TSG, issue de l’association trans Acceptess-T, se sont rencontrées pour le match le plus glam de l’année: des paillettes, des crampons et de la bonne humeur pour être visibles dans l’espace public et dire non à la lesbophobie et à la transphobie. C’était un peu notre coupe du monde à nous. Alors, en guise de souvenir, voici en mots et en images le discours de Dürtal qui a lancé le match !

(photo de CM Chergui)

Mes bien chères sœurs, mes bien chers frères, mes bien chèr.e.s autres,
Nous, garçons manqués, filles à fille, gouines-garou, reines de beauté, travelottes, transfabulosités, princesses le jour, escorts d’une nuit, putes pour la vie, garçons par choix, moustachus de la dernière pluie, hommes au bout du bistouri, cabots, licornes et sirènes, sommes réuni.e.s aujourd’hui pour célébrer nos survies et nos vies face à la lesbophobie et à la transphobie.
A vous, Manif pour tous, réactionnaires de tous bords, cathos tradi, fachos mal décatis, législateurs obtus, médecins experts de mon cul, parents rejetants, voisins médisants, nous vous adressons un grand FUCK nourri de nos armes les plus fatales : notre humour, notre joyeuse rage d’exister, et notre beauté à toute épreuve.

Car si je suis sifflé dans le métro, si tu es mise à la rue à 18 ans, si elle est poignardée sur son lieu de travail : nous répondons que la révolution se fera en talons, ou en crampons, et surtout avec une demi-tonne de paillettes et d’autodérision !

Je suis Dürtal von Pétale votre présentatrice hystérique pour ce glam-match au sommet, dont je vous rappelle les règles : pas de hors-jeu, pas de tacles et beaucoup d’amitié. Et je vous demande d’applaudir notre mystérieuse arbitre de touffe, notre belle et rebelle arbitre de terrain, et maintenant nos deux fabuleuses équipes :
les merveilleuses Dégommeuses et les endiablé.e.s du TSG !!

foot | Les Dégommeuses | militantisme | 01.03.2014 - 16 h 50 | 0 COMMENTAIRES
Open Games in Russia: LGBT propaganda
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Out Games in Russia: LGBT propaganda

Propaganda #1: Nastya, organizer

 

Propaganda #2: Tanja, organizer

Propaganda #2: Tanja, organizer

Propaganda #2: Yulia, organizer

Propaganda #3: Yulia, organizer

Propaganda #: Elena, player

Propaganda #4 : Elena, player

Propaganda #7: Yulia, referee

Propaganda #5: Yulia, referee

Propaganda #8: Irina, player

Propaganda #6: Irina, player

Propaganda: Cyril, volunteer

Propaganda #7 : Cyril, volunteer

Les Dégommeuses | 28.02.2014 - 11 h 03 | 3 COMMENTAIRES
Open Games à Moscou : ces archives LGBT qu’on ne saurait montrer
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Pour aller chez Elena Goussiatinskaia, il faut traverser toute la périphérie nord de Moscou. Son appartement, dans un grand immeuble en briques, abrite un trésor : les archives lesbiennes et gays qu’elle et ses ami-e-s ont patiemment constituées depuis le début des années 90. La perestroïka, avec ses promesses d’ouverture, avait en effet marqué le début d’une très grande effervescence dans le milieu homosexuel. Des revues gays et lesbiennes, parfois imprimées artisanalement, avaient vu le jour, et même les journaux généralistes commençaient à s’intéresser aux questions liées à la sexualité. C’était l’époque, nous dit Elena, où « nous croyions encore que l’information et l’éducation feraient reculer l’homophobie ». Les archives étaient donc une façon de contribuer à l’écriture d’une histoire collective mais aussi de mettre à disposition du public et des chercheurs ces matériaux dans une salle de lecture à domicile – qui aujourd’hui se trouve dans l’appartement d’Elena.

Vivantes, ces archives le sont toujours. Hier soir, comme tous les mois, une dizaine de gays et de lesbiennes de Moscou sont venu-e-s emprunter des bouquins  et discuter de l’actualité culturelle et politique – « La vie d’Adèle » fait débat en Russie aussi !

Hier, nous  avons donc discuté pendant des heures, en mangeant des blinis à la confiture de pommes et en buvant du café turc. J’ai pris des dizaines de photos et de vidéos du lieu, des gens, des documents, mais je ne vous les montrerai pas.

Je ne vous montrerai pas le cœur des archives, la « salle de consultation » et sa bibliothèque avec vitrine où sont classés les ouvrages littéraires et les essais traitant de l’homosexualité.

Je ne vous montrerai pas les boîtes dans lesquelles sont rangées les coupures de presse, véritable mine d’or pour qui aura envie de s’y pencher.

Je ne vous montrerai pas les couvertures érotiques des magazines gays, ni les poèmes lesbiens imprimés à l’alcool qu’Elena a disposés avec soin sur le couvercle de son piano pour que je les photographie.

Je ne vous montrerai pas non plus le registre sur lequel Elena note mois après mois les noms des dizaines de personnes qui, souvent informées par le bouche à oreille, ont participé aux soirées de discussion.

Je ne vous montrerai pas, enfin, l’accolade entre Elena et l’un de ses amis qui avait participé à la constitution des archives, de passage à Moscou après vingt ans d’exil au Canada.

Je ne vous montrerai pas tout ça parce que, comme le dit Elena, « si on découvre que j’ai tout ça ici, chez moi, il pourrait y avoir des bandes de fachos qui voudront tout saccager, brûler les documents, jeter par la fenêtre les archives. Et ma mission, que j’ai envie de bien faire, est de préserver ces archives ». C’est aussi ça, la Russie de Poutine.

Une photo, une vieille photo, j’ai quand même envie de vous la montrer. C’est un hommage à Elena et à ses magnifiques compagnonnes de route qui se sont battues et continuent à se battre pour faire vivre la mémoire des LGBT russes.

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PS : Hier, premier jour de compétitions. Une femme trans, l’une des premières athlètes trans à être visibles en Russie, a gagné la médaille d’or au tennis de table. L’atelier de patinage artistique, animé par Konstantin, a été annulé après une demie heure seulement pour des « problèmes techniques » à la patinoire. Les patrons du lieu ont admis avoir eu un appel de signalement parce que « des individus étranges » étaient sur la glace.

foot | Les Dégommeuses | militantisme | 27.02.2014 - 11 h 06 | 1 COMMENTAIRES
Ouverture des Open Games à Moscou : cette cérémonie sans applaudissements…
Pas d'applaudissements pour ne pas attirer l'attention

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(English below)

Quelques heures avant le début de la Cérémonie d’ouverture des Open Games, alors que la délégation française survolait encore les bois de bouleaux recouverts de neige, la fédération sportive LGBT russe vivait l’enfer : plus de la moitié des sites sportifs déclaraient forfait, l’hôtel censé accueillir une quarantaine d’athlètes LGBT venus de toute la  Russie faisait savoir qu’il annulait la réservation parce que « un groupe d’enfants était logé à l’hôtel » et même le lieu de déroulement  de la cérémonie, réservé depuis des semaines, n’était finalement plus disponible. Ainsi va la vie des lesbiennes, gays, trans dans la Russie de Poutine. Une vie de sous-entendus sournois, de harcèlement policier, de pressions gouvernementales, mais aussi de solidarité communautaire et de détermination sans faille pour continuer à résister et être visibles. « Ces jeux auront bien lieu », déclaraient donc hier Konstantin Iablotski et Viktor Romanov, les fondateurs de la Fédération sportives gay et lesbiennes russe, lors de la cérémonie d’ouverture improvisée au sous-sol d’un bar du centre ville de Moscou. Une cérémonie, il faut le souligner, qui avait l’allure d’une rencontre clandestine : non seulement elle avait lieu derrière un épais rideau surveillé, mais les applaudissements y étaient interdits, par peur d’attirer l’attention des autres clients du bar. C’est en secouant les mains en l’air que le public muet a exprimé tout au long de la soirée sa grande émotion et le bonheur d’être là.

Pas d'applaudissements pour ne pas attirer l'attention

Pas d’applaudissements pour ne pas attirer l’attention

Parmi les moments forts de la cérémonie, le déploiement du drapeau arc-en-ciel amené depuis la France par la délégation de Paris 2018, qui accueillera les Gay Games dans quatre ans. Ce même drapeau avait traversé Paris et Rennes lors du Relais pour l’Egalité qui avait été organisé en correspondance de l’ouverture des Jeux de Sotchi. Elvina Yuvakaeva, l’une des organisatrices de Open Games, a remercié la trentaine de personnes venues de l’étranger en signe de solidarité avec la communauté LGBT russe, soulignant que « les soutiens internationaux ont été et continuent à être déterminants » dans l’organisation des Open Games et dans la bataille pour les droits des LGBT en Russie.*

La délégation de Paris 2018 avec le drapeau arc-en-ciel du relais pour l’égalité

Le clou de la cérémonie à été l’arrivée sur scène de Greg Louganis. Le plurimédaillé olympique, ouvertement gay et séropositif, a salué le courage et la ténacité de ses  hôtes et a lu une lettre qu’il a écrite à son « soi » âgé de 16 ans. « Je sais que tu ne me crois pas, mais les choses vont s’améliorer, et que ces années noires vont être derrière toi » a-t-il affirmé, ému, évoquant notamment une tentative de suicide à l’adolescence.  « Tu vas tomber plusieurs fois, mais tu vas te relever,  tu vas aimer ta vie et les gens qui la partageront avec toi », a-t-il conclu devant des dizaines de mains levées en signe d’émotion partagée. Un message d’espoir dont ont bien besoin les jeunes LGBT russes aujourd’hui.

(Translation: Mark Naimark for gaygames.org)

A few hours before the start of opening ceremony of the Russian Open Games, while the French delegation was still flying over the snow-covered birch forests, the Russian LGBT Sports Federation was going through hell. More than half the sports venues had canceled. The hotel that was supposed to house forty athletes from all over Russia canceled as well, giving the excuse that “a group of children was staying at the hotel”. Even the club where opening ceremony was to take place, which had been reserved for several weeks, was “no longer available”.

This is the life of LGBTs in Putin’s Russia. A life of nasty suggestions, of police harassment, of government pressure. But also a life of community solidarity and steadfast determination to continue to resist and to remain visible. “The games will take place”, assured Konstantin Yablotskiy and Viktor Romanov, founders of the Russian LGBT Sports Federation at the opening ceremony, organized at the last minute in the basement of a bar in the center of Moscow. A ceremony that seemed more like a clandestine meeting: behind a thick curtain, carefully monitored to prevent outsiders from entering, no applause, lest it draw attention from the other patrons of the bar. Those present adopted the deaf form of applause, turning their upraised hands, to express throughout the evening their emotion and happiness at being present.

Among the highlights of the ceremony, the presentation of the rainbow flag brought from France by Paris 2018, host of the tenth edition of the Gay Games. This same flag had been carried through Paris and other cities in France as part of the Remote Pride House “Relays for Equality” organized by the Réseau Egalité in solidarity with Sochi. Elvina Yuvakaeva, chair of the ROG, thanked the thirty-odd foreigners present for their solidarity with the Russian LGBT community. She stated that “international support has been and continues to be essential” in the organization of the ROG and the defense of LGBT rights in Russia.

But the most silent applause was for Greg Louganis. The multimedal Olympic divers, gay and HIV-positive, saluted the courage and tenacity of our hosts. He read a letter he wrote to himself at age 16 (read it here): “I know you won’t believe me, but it will get better, and these dark years will soon be behind you”, moved as his spoke of a teenage suicide attempt. “You will fall and fall again, but you’ll pick yourself up. You will love life and the people who share it with you,” he concluded to the sight of dozens of hands raised in silent applause for a message of hope to be heard by young Russian LGBTs today.

foot | sexisme | sport | 15.01.2014 - 10 h 33 | 3 COMMENTAIRES
Ibrahimovic (et footdelles.com) zlatanés par le sexisme

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Les Dégommeuses réagissent aux propos de Zlatan sur Lotta Schelin, mais aussi à l’article « La fausse polémique Zlatan » paru sur le site Footdelles.com

En octobre dernier, les Dégommeuses menaient une action de sensibilisation contre le sexisme et l’homophobie, devant le Parc des Princes, à destination des supporters venus assister au match PSG-Bastia. Connaissant la passion des supporters parisiens pour Zlatan Ibrahimovic, et non sans y avoir réfléchi à deux fois[1], nous avons osé ce slogan : « Zlatanons le sexisme ». Malheureusement, les récentes déclarations du champion suédois nous font penser que c’est plutôt le sexisme qui a « zlatané » Ibra !

En effet, avec l’arrogance qu’on lui connaît, l’attaquant vedette du PSG s’est indigné d’avoir été comparé… à une femme ! « Quand je suis à l’étranger, on me compare à Messi et Ronaldo. Quand je rentre en Suède, on me compare à des footballeuses. L’été dernier on m’a demandé : « Qui est le meilleur : Lotta Schelin ou vous ?  (…) Non mais c’est une blague ou quoi ?! ». Comprenez : on ne peut pas comparer un footballeur à une footballeuse, parce qu’un homme qui joue au foot est  intrinsèquement plus fort et plus performant qu’une femme, c’est la nature qui le veut… Imparable, non ? Sauf, qu’à y regarder de plus près, les choses sont moins évidentes qu’il n’y paraît. Si on ne peut pas comparer Lotta Schelin à Zlatan, est-ce beaucoup moins extravagant de mettre sur le même plan Lionel Messi, qui mesure à peine 1,69cm pour 67kg, et le colosse Ibrahimovic, qui peut compter sur 25 centimètres et 30 kilos de muscles de plus que « la puce » du FC Barcelone ? Pourtant, personne ne s’offusque de cette comparaison, pas même Zlatan. Messi est d’ailleurs devenu le premier joueur à remporter quatre ballons d’or d’affilée et nombreux sont ceux qui considèrent qu’un autre lutin argentin – Diego Maradona – restera comme le meilleur joueur de l’histoire du football. Sur ce constat, les commentateurs sportifs continuent de vendre du rêve aux passionnés de foot du monde entier en leur présentant volontiers le football comme « ce sport dans lequel il est possible de réussir sans avoir un physique de titan. Au final, la seul pensé, la barrière symbolique suprême et infranchissable, est bien celle qui sépare les hommes et les femmes : toute comparaison est réfutée a priori – « ça ne se discute pas ! ».

Le « titan » Ibra, avec la « pulga » Messi

Avec cette histoire, nous sommes donc véritablement au cœur des manifestations du sexisme dans le sport. La supposée différence des sexes est ancrée – et maintenue bien figée – dans la nature pour justifier la hiérarchie des sexes : les écarts de salaires entre joueurs et joueuses, la différence de traitement médiatique qui pénalise les sportives, le dénigrement systématique que doivent subir les femmes qui s’aventurent sur des terrains de jeu traditionnellement réservés aux hommes. Certains se défendent de toute attitude sexiste en nous expliquant que, nous les femmes, avons aussi nos domaines sportifs de prédilection (rassurez-vous mesdames, personne ne s’offusquera de votre domination en patinage artistique, où votre grâce « naturelle » fait tellement merveille). Les mêmes, et d’autres encore, avancent à l’emporte-pièce – comme dans l’article publié par footdelles.com qui nous amène à réagir aujourd’hui – que si « la comparaison [entre foot masculin et foot féminin] ne tient pas la route », c’est parce que « trop d’aspects distinguent encore ces deux pratiques [sic] : la médiatisation, l’argent généré, l’audience dans les stades, l’histoire »… Mais, enfin, qui pour rappeler que la notoriété et les profits générés par Hope Solo ou Abby Wambach sur le continent nord-américain dépassent globalement ceux de leurs homologues masculins ? Qui pour signaler que si le foot féminin n’a pu se développer à la hauteur du foot masculin en Europe, c’est tout simplement parce que son succès, au début du siècle dernier, fut tel que certains prirent peur qu’il permette aux femmes une trop grande émancipation et préférèrent alors l’interdire purement et simplement ? Qui pour expliquer encore que les normes autour duquel ce sport s’est construit ont été et continuent d’être façonnées pour correspondre à des corps masculins (qu’on s’arrête ne serait-ce qu’un instant pour penser à la taille des cages au lieu de remettre toujours en cause la « faiblesse » des gardiennes de but féminines) ? Et qui pour défendre l’intérêt d’expérimentations de la pratique du football en mixité[2].

Dans ce contexte, oui, quelle déception que de constater qu’au lieu de profiter de l’occasion pour déconstruire toutes les fausses évidences qui polluent la perception du foot féminin, le site footdelles.com participe à leur reproduction. Ainsi, il n’a publié qu’un seul article suite aux propos de Zlatan Ibrahimovic, et en l’occurrence un article titré « Zlatan : la fausse polémique », qui niait le caractère sexiste desdits propos, en usant de formules méprisantes telles que « il est évident que la comparaison entre ces deux footballs ne tient pas la route », ou encore en mettant en avant, à sa décharge, le fait que le joueur suédois aurait tenté de convaincre sa compatriote Lotta Schelin de s’engager au PSG. Il est vrai que Zlatan n’en est pas à son premier coup d’essai. La polémique, il connaît et il la manie à la perfection. C’est sans doute ce qui explique aussi qu’il compte autant de fans parmi les journalistes. Cependant, ce que nous attendons d’un site supposé promouvoir le foot féminin est à la fois d’être intransigeant envers les commentaires dépréciatifs sur le foot féminin[3] et d’aider la frange la moins avertie de son public à remettre en question ses représentations.

En tant que féministes, nous ne connaissons que trop bien ces reproches qui nous sont si souvent adressés lorsque nous nous indignons face à une énième manifestation de sexisme : « vous n’avez pas de sens de l’humour, ce n’était qu’une mauvaise blague » ; « vous exagérez, vous voyez vraiment le mal partout », ou, pire, « à force de vous plaindre, vous allez finir par desservir votre cause ». Cette suffisance reflète bien les rapports de force qui régissent tous les secteurs de la société (y compris le sport), et qui dictent aux femmes jusqu’où elles peuvent pousser leurs revendications et à quel moment elles doivent rester silencieuses. Nous n’avons pas envie de nous taire et nous cherchons des allié-e-s. Pourrons-nous compter sur vous à l’avenir ?


[1] Les Dégommeuses avaient déjà eu l’occasion de réagir publiquement ces derniers mois aux propos de Bernard Lacombe, Pierre Ménès, Laurent Blanc ou encore Gennaro Gattuso, laissant tous plus ou moins entendre que le foot n’était pas une affaire de filles.

[2] Si Helen MacArthur a pu faire reconnaître qu’elle avait le niveau des navigateurs masculins – dans un sport exigeant aussi de la force physique –, n’est-ce pas d’abord parce qu’elle a été autorisée à concourir dans la même catégorie qu’eux?

[3] Zlatan Ibrahimovic ne s’est d’ailleurs pas contenté de dire que la comparaison entre hommes et femmes dans le foot ne tenait pas debout ; à la question de savoir quel serait le cadeau le plus adapté pour récompenser la recordwoman des sélections en équipe de Suède, il a répondu ceci : « on pourrait lui offrir un vélo avec mon autographe et cela suffira ! ». Pour mémoire, le détenteur du record en équipe de Suède masculine avait eu droit à une Volvo flambant neuve.

foot | Les Dégommeuses | militantisme | sexisme | sport | 18.10.2013 - 08 h 50 | 2 COMMENTAIRES
Le quiz des Dégommeuses contre le sexisme et l’homophobie dans le foot

Dans le cadre des Semaines d’Action de FARE (Football against racism in Europe), les Dégommeuses lancent un « quiz foot » destiné à sensibiliser les supporters contre le sexisme et l’homophobie. Il sera baptisé à l’occasion d’une action militante devant le Parc des Princes, ce samedi 19 octobre, avant le match PSG/Bastia.

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foot | Les Dégommeuses | militantisme | Non classé | sport | 21.08.2013 - 15 h 12 | 1 COMMENTAIRES
Conférence de Manchester « Football Fans v. Homophobia : un billet à composter contre les LGBT-phobies

Manchester vit pour le foot… A Manchester, le monument sans doute le plus visité est le Football National Museum. On y trouve une collection impressionnante d’objets, plus ou moins insolites. Par exemple une casquette* offerte à Sue Lopez, légende du football féminin, à l’occasion de sa sélection en équipe d’Angleterre pour affronter l’Irlande du Nord, en septembre 1973. La légende signale opportunément : « la casquette était cousue-maison [avec les petites mains des joueuses, peut-être ??], car la fédération anglaise de football féminin ne pouvait pas s’offrir des casquettes officielles » (sic).

A Manchester, il y a surtout deux équipes de foot qui se livrent depuis des décennies une lutte sans merci, incarnée par la rivalité des frères ennemis Liam et Noël Gallagher, du groupe Oasis… D’un côté les Reds de Manchester, où Eric Cantona a conquis la gloire dans les 80’s ; de l’autre les blues de City, le club de la « working class » – une anomalie dans le foot où les clubs des classes populaires endossent généralement le rouge quand les bourgeois préfère voir flotter le bleu sur leurs épaules.

A Manchester, il y a enfin des fans de foot engagés, emmenés par Lou Englefield et une troupe de filles fort sympathiques, qui ont fondé le réseau Football v Homophobia afin de faire émerger la problématique de l’homophobie dans le foot, d’abord en Angleterre puis à l’international.

En partenariat avec FARE (un réseau qui lutte contre le racisme et les discriminations dans le foot), Football v Homophobia organisait, le 17 août, à Manchester, donc, la première conférence « Fans against homophobia ».

Elle a accueilli 130 participants venus de 29 pays. Parmi les intervenants, on trouvait des membres de groups de supporters, des activistes de la communauté LGBT, des officiels issus de différentes ONG, et même un représentant de l’UEFA. Dans le contexte des Mondiaux d’athlétisme de Moscou et alors que la Russie s’apprête à recevoir les Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi, les délégations présentes n’ont pas manqué d’interpeller ce dernier sur la position de l’UEFA, appelant à une position ferme pour la défense des droits des LGBT face aux dérives liberticides. Les réponses sont hélas restées évasives. On a pu également regretter une visibilité encore trop faible des femmes à la tribune (lors des séances plénières, à tout le moins), malgré les efforts manifestes des organisatrices sur le sujet. Il reste encore à faire (et à questionner) sur ce point ; de même qu’en ce qui concerne la représentation des minorités « of color ».

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Les Dégos avec le réseau « Frauen im Fussball Netzwerk »

Néanmoins, la conférence aura drainé un public aussi divers que nombreux, mis en avant comme rarement auparavant les populations trans ; et elle aura permis aux Dégommeuses de nouer des contacts avec différents groupes, dont celui des F_in Frauen im FuBball – des filles qui luttent pour faire entendre la voix des supportrices femmes en Allemagne. Les communications présentées par nos ami-e-s allemand-e-s furent d’ailleurs parmi les plus inspirantes de la conférence, tant il est vrai que culture du supporterisme et respect des minorités sexuelles semblent étonnamment faire bon ménage outre-Rhin.

Une demi-douzaine ateliers était proposée durant la journée, portant sur les campagnes internationales, les outils innovants, les groupes de supporters, la transphobie dans le foot, etc. Les Dégommeuses étaient invitées à présenter leur campagne « Foot For Love » dans le cadre du premier workshop ayant trait aux campagnes internationales.

Au terme de ce voyage à Manchester, nous repartons avec de nouveaux encouragements et plus que jamais l’envie de défendre la cause des femmes et des LGBT dans le monde du football, en France et au-delà, fortes de nouvelles alliances.

Cécile Chartrain

A la fin des années 1880, les footballeurs sélectionnés en équipe nationale d’Angleterre devaient se présenter dans le stade vêtus d’une casquette (« cap » en anglais) en soie blanche, avec une rose rouge brodée à la hauteur du front. L’usage consistant à offrir une casquette aux joueurs et joueuses sélectionné-e-s en équipe nationale, à chaque convocation, a perduré. Le terme anglais a été francisé de sorte qu’on emploie encore le mot « cape » pour évoquer la sélection d’un joueur ou d’une joueuse en équipe nationale.

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(c) Ariane Gramelspacher.

 

Afrique du Sud | Les Dégommeuses | Lesbiennes | militantisme | Non classé | solidarité internationale | Zanele Muholi | 18.07.2013 - 15 h 17 | 1 COMMENTAIRES
« Dear Dudu »: letter to a young 26 old woman murdered for being lesbian

Dudu Zozo, a young 26 year old lesbian, was murdered a few steps away from her home on June 30. Her body was found with a toilet brush inserted into her vagina.
The funeral, which had to take place on July 6., had to be postponed to the 13. because the family had no money to pay the for vituailles and transport.

Les Dégommeuses, with two other French lesbian organizations (Fol Effet & FTN) and private donors raised some funds to help the Here is the message that we sent to Dudu & relatives.

 

Picture by Collen Mfazwe for Inkanyiso

Picture by Collen Mfazwe for Inkanyiso

« We stood by grave site and waited for her coffin to be lowered…
We were all hurt, comrades on the other side chanting songs of freedom »
Dear Dudu,
Incredulity, sadness, pain, disgust, anger, rage, compassion, support… We are missing words to express the deep emotion caused by your passing.
In France, where we live, that is thousands of kilometers away from Thokoza, it is so strange to have the impression of having lost one member of our family; and to fear for the future of each of y/our remaining sisters in South-Africa.
Indeed, we lesbians – South African and French, black and white, rich and poor, young and elderly… – belong to the same family. This family is all the more united as it has been chosen. Because we might not choose who we are, but we choose where we go, and above all with whom we want to go… Therefore, the world must know that our family is and it will always be PROUD and INDESTRUCTIBLE, even when it is eaten away by grief like today. And your coward attackers must also know that each time one of us dies another one will stand erect for two.
Dudu, we will not forget you, as we will not forget all other lesbians, victims of stupidity, hate and ferocity, who died for not denying themselves.
May your memory give us the strength to fight even harder, each day, for a fairer and worthier world, where lesbians, gays and trans will at last have the possibility to be what they are and to love who they love in peace.
With all our affection and respect.
Les Dégommeuses, with Fol Effet and Collectif FTN

Please check out LGBT media Inkanyiso for more information

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