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Foot For Love
Taclons la lesbophobie!
Les Dégommeuses | 29.06.2015 - 15 h 43 | 5 COMMENTAIRES
La Pride en crampons: un grand merci!
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Cette année les Dégommeuses ont rallié la « Marche de nuit » du vendredi, pour dire, aux côtés d’autres associations, leur désir de (re)politisation de la Marche des Fiertés. Le jour de la Marche officielle, nous avons choisi de défiler en crampons, histoire de bien rappeler que dans le sport aussi, en tant que femme et en tant que lesbienne, la visibilité est importante pour faire bouger les représentations.
Cha, joueuse et membre du Conseil d’adminitration des Dégos, a bien voulu partager ici ses impressions.

YO YO YO ! LES DE-GOS ! (<<< sur l’air de notre cri de guerre)

Un petit mail pour débriefer de ce looooong we absolument génial que nous venons de vivre !

Tout a commencé  il y a quelques semaines autour d’un paquet de chips, une bière à la main (on tient à notre réputation) : « et si on faisait un bloc de footballeuses en short-maillot-crampons pour la pride ? »

A ce moment là, on ne se doutait pas qu’on allait nous même se prendre au sérieux et finir avec nos chaussettes hautes sous 30 degrés pendant 4h..

Mais chez les Dégos, on ne rigole pas, et après un vote à  l’unanimité du conseil d’administration (qui avait dû manger  trop de chips je ne vois que ça) en faveur de cette  proposition, difficile de faire marche arrière. Et puis on avait  déjà trouvé des slogans comme « chez nous, le placard ne  sert que pour les ballons » ou « le coming out c’est bon pour  la santé », on se devait de les partager avec le monde entier !

Il a donc fallu se remettre autour d’un paquet de chips en buvant de nouveaux des bières (décidément), pour fabriquer des panneaux à l’image des notre équipe, à la fois drôles et quand même un peu politiques, faut pas déconner.

On a été nombreuses à répondre à l’appel de « atelier pancartes-bricolage-collage-scotchage-profitage du balcon » chez Marine (merci pour l’accueil), qui a du coup été d’une rapidité et d’une efficacité incroyable. BRAVO !

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Marthe nous a clairement filé un gros coup de pouce niveau fashion-dégos-style  en créant un t shirt inspiré PAR et POUR nous. Gros big up ! C’était beaucoup de boulot pour elle, entre la création, la fabrication, la prise de commande, la livraison, la tenue des comptes, les envois postaux (oui, certains t shirts sont partis en bretagne, dans le nord, sur la côte atlantique, en Espagne…), mais ça valait le coup parce que sur la Pride, on avait TROP LA CLASSE ! et Marthe était super contente !

Et puis le Jour J de ce we est arrivé ! Vendredi, on s’est retrouvées sur la Pride de nuit, qui a été une réussite, tant dans ses revendications que dans son esprit de solidarité et de bienveillance pour touTEs. Puis on a crié, fait la hola, et presque pleuré devant la défaite des bleues. Un penalty abusé, sur une main involontaire, des prolongations interminables, et des tirs au but qu’on préfèrerait oublier. Les Françaises avaient clairement l’avantage sur les Allemandes, et auraient du partir en demies finales.. On a refait le match 100 fois  devant le bar « le 50 » et puis on est parti rejoindre les FTN à la «Prude Pride » pour un dernier verre. ou 2, on ne sait plus :)

Le samedi, grand soleil, grosse chaleur, et il n’est que 10h du mat. ça s’annonce sportif, ça tombe bien on adore ça ! Arrivée au point de rdv très ponctuelles pour certaines et beaucoup moins pour d’autres (mais chacunE son rythme, une bonne équipe de foot se base avant tout sur les différents styles et atouts de chacunEs héhé), l’essentiel c’est que nous étions nombreusEs, et accompagnéEs par les potes et autres équipes (Cacahuètes Sluts, Baston&Courtoisie, FC Paris Arc-en-Ciel, USTB) et même les cheerlooseuses qui sont bien entendu arrivées les plus à la bourre, mais aussi les plus énergiques, comme à leur habitude !

(c) Gwenaëlle Trombert

(c) Gwenaëlle Trombert

 

On a marché pendant des heures, porté haut nos panneaux qui ont eu un succès fou auprès des photographes (je pense que Graphijane, notre photographe préférée, pourra en témoigner rapidement), joué au foot en marchant avec un ballon en mousse, bu des bières tièdes, mangé des sandwich pas bons, croisé les copines du lesbo truck, le bloc trans, les lesbiennes dépassent les frontières,  Aides, Ardhis, Act Up, Outrans, l’homme papillon, le p’tit train des familles homoparentales, des ados qui vomissent leur vodka-pomme, des gouines, des pds, des trans, des folles, des sages, des moins sages, des gens de toutes les couleurs et de tous les ages, bref une pride réussie.

En conclusion, UN GRAND MERCI à tout le monde pour toute l’énergie, la bonne humeur, l’entrain, les idées, la motivation, la solidarité, le respect, le travail, le partage, la sueur, l’organisation, et tant d’autres choses, qui font qu’en ce lundi matin on est un peu triste que ce soit fini mais tellement fièrEs d’avoir réussi ce pari fou de faire « LA PRIDE EN CRAMPONS » !

Bisous et à très vite en crampons, mais sur le terrain cette fois !

cha

Les Dégommeuses | 09.06.2015 - 09 h 30 | 2 COMMENTAIRES
Les Dégommeuses dans le journal l’Equipe!
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A l’occasion de la Coupe du Monde de Foot, qui s’est ouverte au Canada le 6 juin au Canada, les Dégommeuses ont publié une tribune sur le sexisme et la lesbophobie dans le foot féminin intitulée « Le sexisme toujours pas hors jeu » (elle aurait pu aussi s’appeler « Le sexe du foot » ou « Le tacle du vagin »). Merci à l’Equipe qui a accepté de publier telle quelle notre prise de position, consultable sur le site du journal

 

Du 6 juin au 5 juillet, 24 équipes de foot, venues de tous les continents, vont s’affronter au Canada. Une Coupe du Monde, en somme. Pas tout à fait. A une chaîne de télévision suédoise, qui souhaitait diffuser les matchs en intitulant son programme « Coupe du Monde de football », la FIFA a répondu qu’il n’en était pas question. Le label « Coupe du Monde » est réservé aux hommes. Pour la compétition à venir, il convient de parler de « Coupe du Monde féminine ». Un exemple parmi d’autres d’une certaine imposture.

Le football, ce sport qu’on dit le plus populaire, accessible et universel de la planète, est un terrain sur lequel les femmes ne sont toujours pas considérées comme pleinement légitimes.

Rien de nouveau. Dans les discours d’abord. En 1965, le directeur de la Fédération Française de Football expliquait : « Le football ne s’adresse, à notre sens, qu’à la gent masculine ». Propos d’une autre époque ? Pas vraiment. En 2014, Carlo Ancelotti, alors entraîneur du Real Madrid, affirmait en conférence de presse : « Le football n’est pas un sport de demoiselles ».

Si cela s’arrêtait aux mots. Mais les fédérations de nombreux pays ont aussi interdit aux femmes de pratiquer le football pendant des décennies. Lorsqu’à la fin des années 60, la plupart s’y sont résolues, elles ont veillé à ne pas leur accorder les mêmes privilèges qu’aux hommes. Cette année, la Coupe du Monde se disputera sur gazon artificiel malgré les risques de blessure accrus. Les terrains d’Amérique du Nord sont, climat oblige, souvent en turf. Mais lors de grandes compétitions masculines, celui-ci a été recouvert de pelouse naturelle. Autre exemple de traitement inégalitaire: en 2012, l’équipe de femmes japonaise, championne du monde sortante, s’est rendue aux Jeux Olympiques de Londres en classe économique, alors que l’équipe masculine, qui n’avait jamais dépassé les huitièmes de finale, voyageait en classe affaires. Les différences de salaires et de primes restent quant à elles abyssales. La récompense promise aux joueuses du PSG en cas de victoire en Ligue des Champions était de 5000 euros contre 1 million pour leurs confrères. Par ailleurs, dans l’histoire du Parc des Princes, on a recensé seulement deux matchs officiels entre femmes.

C’est précisément sur cette question de l’occupation de l’espace que se cristallisent les enjeux dans le monde amateur. Dès leur plus jeune âge, les filles sont tenues à l’écart des terrains. Ceux des cours de récréation, où il demeure si compliqué pour elles de s’immiscer dans le jeu, ceux des stades municipaux, dont l’immense majorité des créneaux est octroyée aux équipes de garçons. Railleries, insultes sexistes, refus de libérer le terrain voire jets de projectiles, les Dégommeuses peuvent témoigner de la réticence des garçons à partager la place avec les filles.

Sur quoi peut bien reposer cette terreur de voir des femmes taper dans un ballon?

Serait-ce la crainte de la concurrence? Car le foot est, aussi, un magot à se partager. Ce qui est versé aux femmes n’ira pas aux hommes, et inversement. Quand, en 2012, le FC Santos décide de garder Neymar, il supprime le financement de la section féminine. Quand, au club d’Ebersmunster, en Alsace, les femmes évoluent en nationale alors que les hommes jouent au niveau départemental, face au mécontentement de certains, la section féminine est dissoute*.

Serait-ce aussi la peur de voir se brouiller la différence entre filles et garçons ? On pourrait le penser, à entendre l’ex président de la FIFA Sepp Blatter suggérer que les sportives s’habillent avec « des vêtements plus féminins », des « shorts plus moulants »… qu’elles fassent plus filles, en gros. Ce besoin de se rassurer sur la féminité des joueuses va de pair avec une stigmatisation des joueuses lesbiennes. La présidente de la Ligue féminine nigériane a ainsi déclaré en 2013 : « Toute joueuse auteure d’acte de lesbianisme sera renvoyée de son équipe et de la sélection nationale ». Tout récemment, le président de la Ligue amateure italienne a signifié son mépris du foot féminin en disant qu’il fallait arrêter de subventionner celui-ci dès lors qu’il ne serait pratiqué que par « une poignée de lesbiennes ». Et quand on n’exclut pas les lesbiennes, on les incite à se cacher: aucune joueuse française de premier plan, en activité, n’a fait sont coming out. Voilà au moins un point d’égalité avec les collègues masculins.
Face à toutes ces résistances, une bonne nouvelle, pourtant. Le jeu FIFA 16, lui, évolue. Pour la première fois, il inclura des équipes nationales de femmes. C’est un immense progrès…Dans le monde virtuel!

*Exemple rapporté dans l’ouvrage Football féminin, la femme est l’avenir du foot, d’Audrey Keysers et Maguy Nestoret Ontanon (Ed. Le Bord de l’eau)

associations | Foot féminin | Les Dégommeuses | militantisme | sport | 05.05.2015 - 11 h 35 | 0 COMMENTAIRES
Rencontre-débat 19 mai 2015: « Prouve-nous que tu es une femme »
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L’association Les Dégommeuses a le plaisir de vous inviter à la deuxième séance de son cycle de rencontres-débats  « Femmes, genre et sport »

« Prouve-nous que tu es une femme »

Tests de féminité et autres formes de contrôle médical du corps des sportives

 

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Anaïs Bohuon : « La fabrique médicale des sportives »

Anaïs Bohuon est Maître de conférences UFR STAPS Paris Sud. Elle est notamment l’auteure de « Le test de féminité dans les compétitions sportives » (Editions iXe, 2012).

Chantal Bournissen : « Le point de vue d’une ancienne sportive de haut niveau »

Chantal Bournissen a gagné la Coupe du Monde de descente de ski en 1991. Elle est professeure à la Haute Ecole de Travail Social du Valais (Suisse).

Le mercredi 19 août 2009, la jeune athlète sud-africaine Caster Semenya survolait l’épreuve du 800 mètres, en pulvérisant son record personnel et en surclassant la tenante du titre, la Kenyane Janeth Jepkosgei, avec deux secondes d’avance. Une course magnifique…et trop belle pour être le fait d’une représentante du « sexe faible » ? Le soupçon enfle alors : et si Caster Semenya n’était pas une « vraie » femme ?

Ce cas médiatique a attiré fortement l’attention sur les « tests de féminité », ces pratiques humiliantes que les instances sportives internationales ont plus ou moins systématiquement fait subir aux femmes athlètes depuis les années 60 pour « certifier » leur sexe. Examens gynécologiques, tests chromosomiques et autres techniques médicales ont été mis au service d’une « police du genre » qui sert, en dernière instance, à reproduire une vision binaire et hiérarchique des sexes : en haut de l’échelle sportive, les hommes, forts et performants ; et en bas les femmes, que la « nature » empêchera toujours de rivaliser avec eux…

 

Mardi 19 mai 2015, 19h-21h

Mairie du 20ème arrondissement –  Salle du conseil – 6, place Gambetta, 75020 Paris

Entrée libre, dans la limite des places disponibles

Avec le soutien de

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Afrique du Sud | Eudy Simelane | foot | Foot for love | Les Dégommeuses | Lesbiennes | lesbophobie | solidarité internationale | Zanele Muholi | 28.04.2015 - 10 h 53 | 0 COMMENTAIRES
Afrique du Sud : Les autres survivants (in memory of Eudy Simelane)
Mally Simelane avec une photo de sa fille Eudy. Photo de Lindeka Qampi

Dans le vocabulaire glaçant et néanmoins codifié qui est utilisé pour décrire les crimes de haine en Afrique du Sud, le terme « survivors » sert à désigner les gays et les lesbiennes (plus souvent les lesbiennes) qui n’ont pas succombé aux coups et parfois aux sévices de leurs agresseurs. Il y a pourtant d’autres survivants dont on parle peu : les parents, les enfants, les proches de celles et ceux qui sont morts.

Mally et Khotso Simelane vivent toujours dans la même « match box house »[1] de KwaThema, où ils habitaient avec leur fille. Eudy était une véritable gloire dans le quartier : internationale de foot dans l’équipe des Banyana Banyana, elle fut l’une des premières personnalités connues à vivre ouvertement son homosexualité en Afrique du Sud. Le 27 avril 2008, Eudy Simelane fut retrouvée morte face à terre, le corps à moitié dénudé et marqué de 25 blessures à l’arme blanche.

Quand Zanele Muholi, Lindeka Qampi et moi-même avons poussé le petit portail en fer forgé, un jour d’octobre 2014, Mally était assise sur une chaise collée à l’un des murs de la petite cour derrière la maison, dans le menu rectangle d’ombre projeté  par le toit de l’habitation. Elle ne semblait pas étonnée d’avoir de la visite, ni de voir une inconnue en provenance d’Europe débarquer chez elle. Juste contente de nous montrer les archives patiemment constituées au cours du temps, réunissant des articles, des témoignages, et surtout des photos de sa seule fille. Sur le visage de Khotso Simelane, par contre, une grimace de surprise, voire de colère : « Comment pouvons-nous oublier, si vous revenez à chaque fois raviver la douleur ? ».

Khotso Simelane. Les photos de cet article sont de Lindeka Qampi

Khotso Simelane. Les photos de cet article sont de Lindeka Qampi

La difficile gestion du souvenir – et la non moins angoissante peur de l’oubli – ne sont pas le seul enjeu auquel sont confrontées les familles des victimes. Dans des quartiers, comme KwaThema, où le taux de chômage dépasse les 50%, la perte d’un membre actif de la famille représente un préjudice matériel majeur aussi bien qu’un drame personnel. Ce fut le cas, par exemple, pour les proches de Duduzile Zozo, une jeune lesbienne de 26 ans, retrouvée morte le 30 juin 2013, à quelques pas de chez elle, avec une brosse de toilette insérée dans le vagin. Dudu était la seule à travailler dans le foyer et sa disparition a laissé ses parents dans l’indigence, si bien que son enterrement a dû être retardé à cause de l’impossibilité pour la famille de payer les transports et les victuailles nécessaires à la cérémonie.

Mally Simelane a décidé d’honorer la mémoire de sa fille et de conjurer son propre chagrin en se battant pour tous les autres « survivants » : elle anime un groupe d’entraide pour les mères, participe aux funérailles hélas régulières d’autres lesbiennes tuées en raison de leur orientation sexuelle, prend la parole publiquement dès qu’elle le peut pour sensibiliser contre les violences à l’encontre des LGBTI. Elle tente également d’agir pour que les enfants des lesbiennes décédées puissent vivre dignement et bénéficier d’une éducation de qualité.

Hier, son mari et elle ont commémoré le septième anniversaire de la mort de leur fille. Un nouveau jour de deuil et d’évocations, de tristesse mais aussi de souvenirs arrachés à l’indifférence. A l’instar de ce jour d’octobre 2014 où nous lui avons rendu une visite inopinée. En nous raccompagnant vers la voiture, après une matinée passée à discuter, Khotso Simelane nous quittait sur ces paroles : « Je suis content de savoir qu’on se souvient de Eudy jusqu’en France, mais maintenant je vais passer toute la journée à penser à mon enfant. Je ne peux pas l’oublier ».

Veronica Noseda

[1] La « matchbox » est la principale unité d’habitation des townships, reproduite à l’infini le long des rues rectilignes des quartiers réservés aux Noirs. Il s’agit d’une maison de quatre pièces ayant une superficie de 40 mètres carrés. Elle est souvent complétée par des toilettes extérieures et des constructions additionnelles destinées à des locataires ou à d’autres membres de la famille.

foot | Foot féminin | Les Dégommeuses | Lesbiennes | lesbophobie | militantisme | sexisme | 30.01.2015 - 09 h 47 | 1 COMMENTAIRES
Agression sexiste et lesbophobe sur un un terrain de foot de la Ville de Paris
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Paris, le 30/01/2015

Communiqué conjoint Association Les Dégommeuses/ SOS homophobie

 

« Une équipe féminine de foot agressée par un entraîneur sur un terrain de la ville de Paris »

 

 

Le mercredi 28 janvier 2015, les joueuses de l’équipe féminine de football « Les Dégommeuses » ont été victimes d’actes et propos sexistes et lesbophobes au stade Louis Lumière, à Paris.

A 19h30 tapantes, une représentante des joueuses a demandé poliment à pouvoir occuper le terrain attribué aux Dégommeuses par la Mairie du 20ème arrondissement entre 19h30 et 21h. L’entraîneur d’une équipe de jeunes qui bénéficiait du créneau horaire précédent ne l’entendait pas de cette oreille. Après avoir intimé l’ordre aux jeunes qu’il encadrait de ne pas quitter le terrain, il est devenu de plus en plus agressif, passant aux insultes puis aux menaces physiques.

Choquées par son ton de voix particulièrement inadapté et ses mots grossiers, les joueuses ont d’abord demandé à l’entraîneur de se calmer en lui faisant remarquer qu’il donnait un mauvais exemple aux enfants dont il avait la charge. L’une d’entre elles a alors été violemment prise à partie verbalement : « Je vais te faire bouffer mes couilles dans ta bouche » (sic), tandis qu’une autre se faisait repousser physiquement. Puis l’entraîneur s’est tourné vers les jeunes sous sa responsabilité en les encourageant à se défouler : « allez, regardez, on applaudit les lesbiennes ! ». Cette exhortation a entraîné un déchaînement d’applaudissements collectifs, de cris et de railleries ciblant « les lesbiennes », sous l’œil visiblement satisfait de l’entraîneur, qui continuait lui-même de taper dans ses mains et de proférer des insultes.

La scène a duré plusieurs minutes avant qu’un agent de la municipalité n’intervienne.

L’association Les Dégommeuses, soutenue par SOS homophobie, exprime son choc et sa tristesse face à la gravité des faits qui se sont produits au Stade Louis Lumière, tout en soulignant que des actes similaires se déroulent trop régulièrement sur les terrains de sport sans faire l’objet d’un signalement.

En conséquence, Les Dégommeuses appellent les pouvoirs publics et l’ensemble des fédérations et instances sportives à renforcer urgemment les moyens engagés dans la lutte contre le sexisme et la lesbophobie (mais aussi la gayphobie, la biphobie, la transphobie et le racisme) dans le milieu sportif.

Elles réclament notamment la mise en place de plans de formation incluant des modules obligatoires sur le sexisme, les LGBT-phobies et les stéréotypes de genre, à l’intention des éducateurs, des dirigeants sportifs et des agents municipaux (hommes et femmes). Elles demandent également un renforcement du soutien accordé aux associations qui se consacrent au développement du sport féminin et aux actions de sensibilisation contre le sexisme et les LGBT-phobies.

Elles précisent enfin que la stigmatisation des jeunes impliqués ne serait en aucun cas une réponse valide à l’agression qu’elles ont subie, ceux-ci constituant les premières victimes de l’incompétence et de l’irresponsabilité de certains adultes.

foot | Foot féminin | Les Dégommeuses | militantisme | sexisme | sport | 15.01.2015 - 21 h 17 | 0 COMMENTAIRES
Rencontre-débat: Les pionnières du sport féminin
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L’association Les Dégommeuses a le plaisir de vous inviter à la première séance de son cycle de rencontres-débats  « Femmes, genre et sport »

Les pionnières du sport féminin: De la « Course des midinettes » en 1903 à l’essor du foot féminin dans les années 1970

 

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Alice Milliat et le combat pour la reconnaissance internationale du sport féminin

Suzette Robichon, militante féministe, membre des Dégommeuses

L’incroyable histoire des footballeuses du FCF Reims

Armelle Binard, Nadine Julliard et Ghislaine Royer-Souef, anciennes joueuses du FCF Reims et membres de la première équipe nationale de foot féminin.

 

L’entrée des femmes dans le sport a été aussi difficile que dans d’autres domaines. Paradoxalement, la mobilisation des hommes au combat durant la première guerre mondiale favorise pourtant le développement et l’intérêt pour le sport féminin en Europe. Des championnats nationaux de football féminin (mais aussi de basket, hockey, natation) sont mis en place en France, peu après la fin de la guerre. L’engouement est tel que le premier match international de foot féminin, qui oppose une formation anglaise de Preston (les Dick Kerr’s Ladies) et une sélection des meilleures joueuses françaises, déplace plus de 25 000 spectateurs à Manchester, le 29 avril 1920. Si la française Alice Milliat se consacre inlassablement à la légitimation du sport féminin sur la scène internationale, la pratique physique et sportive apparaît aux yeux de beaucoup comme un dangereux vecteur d’émancipation des femmes. Les résistances sont souvent masquées par de prétendues justifications médicales mais pas moins opérantes. Après une longue période de mise en sommeil (et d’interdiction formelle), le foot féminin connaît un renouveau à partir de 1968. Il est incarné par les exploits des joueuses du FCF Reims, qui vont constituer l’ossature de la toute première équipe de France officielle. Au départ, il ne s’agissait que d’une blague…

 

Mardi 27 janvier, 19h-21h

Mairie du 2ème arrondissement –  Salle des expositions – 8 Rue de la Banque, 75002 Paris

Entrée libre, dans la limite des places disponibles

Accès aux personnes sourdes et malentendantes (sur inscription à l’adresse lesdegommeuses@gmail.com)

 Avec le soutien de

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Les Dégommeuses | 15.10.2014 - 10 h 59 | 4 COMMENTAIRES
« We are ALL football people »: Match de solidarité avec les refugié-e-s LGBT

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Le réseau européen FARE – Football against racism in Europe – dont les Dégommeuses sont membres, organise chaque année les « Football People Action Weeks », deux semaines de mobilisation contre les discriminations dans le monde du football. Dans ce cadre, l’association Les Dégommeuses organise le 15 octobre un match de solidarité avec les refugié-e-s LGBT.

 

Fuir pour survivre

En 2014, l’homosexualité reste pénalisée – voire criminalisée – dans près de 80 pays sur 193. De fortes régressions ont notamment été observées en Afrique ces dernières années. Pour échapper à la prison, à l’ostracisation, aux violences et souvent aux risques qui pèsent sur leur vie même, chaque jour des gays, des lesbiennes, des bisexuel-le-s et des trans fuient leur pays en espérant trouver un refuge ailleurs ; de préférence dans des pays considérés comme plus avancés en matière de protection des droits des personnes LGBT. La grande majorité des Etats membres de l’Union Européenne ne produisent pas de statistiques sur le nombre de demandeurs d’asile LGBT. Il est donc impossible de fournir des informations précises sur le nombre de personnes concernées au sein de l’UE. Cependant, les informations issues des bases de données de trois pays (Belgique, Norvège et Royaume Uni) confirment que ce sont plusieurs milliers de personnes LGBT qui viennent chercher refuge en Europe chaque année.

 

La carte des droits LGBT (source ILGA adapté pour Wikipedia)

La carte des droits LGBT (source ILGA adapté pour Wikipedia)

 

Des discriminations cumulées

Malheureusement, leur arrivée en Europe ne coïncide pas toujours avec une sérénité retrouvée. En effet, ils éprouvent souvent de grandes difficultés pour faire reconnaître la réalité des persécutions subies dans leur pays d’origine en raison de leur orientation sexuelle et donc pour obtenir des papiers. Ils sont en outre régulièrement victimes de discrimination dans leur pays d’accueil, en tant que personnes migrantes et/ou en tant que personnes LGBT.

Depuis 2011, l’Union européenne reconnaît l’orientation sexuelle et l’identité de genre comme un motif de persécution. Le « rapport » « Fleeing homophobia »[1] établit néanmoins qu’il existe des différences considérables dans la manière dont les Etats Européens examinent les demandes d’asile des personnes LGBT, en fonction des contextes locaux, mais aussi des préjugés homophobes et stéréotypes de genre que reproduisent les institutions et agents étatiques préposés au traitement administratif de ces cas.

Ainsi, l’appréciation de la crédibilité, c’est-à-dire de l’authenticité du récit de la personne demandeuse d’asile, élément au cœur du dossier des réfugié-e-s LGBT, reste assez aléatoire, puisqu’elle repose encore trop souvent sur une représentation archaïque de l’homosexualité comme inversion du masculin et du féminin. Ainsi, les hommes qui n’ont pas des attitudes ostensiblement « efféminées » et les femmes dont le look ou la gestuelle ne sont pas particulièrement « masculines » (a fortiori lorsqu’ils et elles ont été marié-e-s et ont eu des enfants) ont parfois moins de chances de voir leur demande aboutir. Par ailleurs, il existe un risque d’essentialisation de l’homosexualité qui va à l’encontre de la réalité mouvante des trajectoires biographiques et sexuelles, dès lors que le récit que chacun-e doit délivrer au moment de sa demande doit apporter la « preuve » de l’homosexualité, notamment par des détails relatifs aux relations homosexuelles précédemment entretenues ou à la fréquentation de lieux de sociabilités homosexuels. Du reste, ces modes d’attestation de la preuve prennent très mal en compte le fait que les existences homo et bisexuelles sont condamnées au secret dans des pays où l’homosexualité est passible d’une condamnation pénale.

 

Le foot pour s’émanciper et faire solidarité

L’organisation de ce match de foot est destinée à la fois d’abord à alerter l’opinion sur le sort des demandeurs d’asile et sans-papiers LGBT en France et en Europe. Il s’agit également d’interpeller le mouvement sportif quant aux conditions d’accueil à mettre en oeuvre urgemment afin de favoriser la pratique sportive régulière des publics les plus défavorisés et les plus éloignés de celle-ci. Cette rencontre sportive nous offre par ailleurs un espace symbolique pour affirmer les valeurs du partage et de la diversité; et plus basiquement un espace de résistance par le plaisir pour faire face aux difficultés du quotidien.

 

[1]Spijkerboer, T. P. (2011). Fleeing Homophobia. Asylum Claims Related to Sexual Orientation and Gender Identity in Europe.

Foot féminin | Les Dégommeuses | sport | 23.09.2014 - 18 h 19 | 2 COMMENTAIRES
La fin du foot à papa ?
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Après la défaite du Real Madrid contre l’Atletico il y a 8 jours, l’entraîneur du Real, Carlo Ancelotti a mis en cause l’engagement de ses joueurs en se distinguant par cette remarque : « Football is not a game for señoritas » (« le foot n’est pas un sport de demoiselles »). Ironie du sort, cette sortie à caractère à la fois sexiste et homophobe intervient au lendemain d’une conférence organisée par la FIFA, en partenariat avec FARE (Réseau européen d’acteurs engagés contre les discriminations) et Fifpro (syndicat international des joueurs professionnels), dont le mot d’ordre était « Respect diversity ».

Si l’UEFA a souvent été décriée pour son conservatisme – un peu moins que son pendant intercontinental, la FIFA, mais quand même! – , force est de reconnaitre les changements récents impulsés par l’organisation. En 2013, l’UEFA avait sensiblement durci son dispositif de mesures à l’encontre des acteurs coupables d’actes et propos discriminatoires, et leur application est devenue plus systématique. La conférence qui se tenait à Rome les 10 et 11 septembre 2014 a permis d’enclencher une vitesse supérieure dans la quête d’un football européen plus inclusif, en tout cas en termes d’affichage politique. Ainsi Michel Platini a introduit la conférence en n’hésitant pas à affirmer : « Le football à papa, c’est fini ! » ; ceci avant que ne soit dévoilé le tout nouveau clip vidéo de la campagne UEFA « Respect », qui met en scène entre autres la footballeuse lesbienne Casey Stoney et l’ex-international de foot allemand sorti du placard récemment, Thomas Hitzlsperger.

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Michel Platini a prononcé un discours offensif en ouverture de la conférence

La première journée de la conférence a servi à mettre en lumière des bonnes pratiques déjà à l’oeuvre en Europe en matière de promotion de la diversité. Mais surtout elle a permis de pointer les avancées réalisées en matière d’intégration des femmes dans les sphères dirigeantes, avec une table-ronde exclusivement féminine. Les quatre invitées – parmi lesquelles figurait Karen Espelund, toute première femme nommée au sein du comité exécutif de l’UEFA en 2011 – ont vanté les nouveaux programmes de l’UEFA dédiés à la participation des femmes*. Mais elles ont aussi insisté sans faux-semblant sur la nécessité de passer du stade des belles déclarations à un véritable plan d’action avec des objectifs clairs à moyen terme.

La seconde journée de la conférence a été un peu plus décevante. Elle a débuté avec différents ateliers, dont l’un était consacré à la lutte contre l’homophobie (« Tackling homophobia »). Le fait qu’aucun représentant de club de haut niveau ou de fédération  nationale n’ait daigné assister à cet atelier en dit long sur la priorisation de ce combat à l’échelle européenne, même si les workshops organisés en parallèle étaient tous dignes d’intérêt. Les participants (essentiellement des représentants associatifs issus de la communauté LGBT) ont posé comme principale revendication que l’UEFA cesse d’utiliser le mot racisme pour désigner ĺ’ensemble des discriminations, estimant que l’on ne parviendrait pas à lutter efficacement contre l’homophobie si l’on continuait à hésiter sur les termes à employer pour la qualifier. Ce constat fait suite notamment aux sanctions qui ont été prononcées par l’UEFA contre le Bayern Munich après un match de Ligue des Champions au cours duquel des supporters allemands avaient déployé une banderole caricaturant Mesut Özil, un canon tourné vers son postérieur, avec la mention « Gay Gunners* » (« cannoniers gays »). En conséquence, le Bayern avait été enjoint de payer une amende de 10 000€ (seulement!) et la tribune d’où provenait la banderole avait été fermée au match de Ligue des Champions suivant. Des bannières de l’UEFA disant « Non au racisme » avaient alors été disposées dans les travées vides.

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La banderole des supporters du Bayern que l’UEFA avait dénoncée comme… « raciste » (mars 2014)

Après la mise en commun des conclusions des différents ateliers en séance plénière,  des joueurs professionnels étaient conviés à partager leur expérience et leur point de vue sur l’état de la lutte contre le racisme dans les stades de football principalement. Malheureusement, pas de présence féminine sur scène cette fois, juste un enregistrement vidéo avec Laura Georges, la joueuse de du PSG et de l’équipe de France. Le peu d’attention dont jouit encore le foot féminin a, de fait, été l’objet de débat. En effet, comme l’ont rappelé les Dégommeuses dans une question adressée au représentant de la UEFA sur scène, la focale portée sur la présence des femmes dans les instances dirigeantes n’épuise pas la question de l’invisibilité et du déficit de reconnaissance des femmes dans le monde du football. Et la concentration des efforts symboliques et financiers sur le foot masculin dans la lutte contre les discriminations est un symptôme de ce manque de reconnaissance toujours patent, qui s’accommode parfaitement de la reproduction des stéréotypes de genre (cf. l’idée la femme « par nature » non violente et inoffensive). L’interview vidéo de Laura Georges, qui était focalisée essentiellement sur les craintes que celle-ci pouvait ressentir en tant que mère face aux débordements racistes et violents des supporters, était décevante de ce point de vue.

Malgré la table-ronde 100% féminine : "Why equality matters?", le foot féminin n'a été que peu abordé pendant la conférence

Malgré la table-ronde 100% féminine : « Why equality matters? », le foot féminin n’a reçu que peu d’attention à Rome

La « fin du foot à papa » n’est certainement pas pour demain. Pour l’heure, il est temps qu’une véritable politique de promotion du foot féminin et de lutte contre les discriminations visant aussi les actrices et acteurs du foot féminin soit mise en place. Car non, le racisme, l’homophobie, et même le sexisme, n’existent pas que dans le foot masculin. De façon plus générale, il serait opportun que l’UEFA et l’ensemble des fédérations nationales encouragent et accompagnent plus fortement la mobilisation des acteurs et actrices oeuvrant à la base de la pyramide pour faire une place aux minorités les plus opprimées (les réfugiés, les pauvres, etc.), sur et en dehors des terrains de foot, en inventant des dispositifs novateurs pour lever les freins à la pratique sportive ou en faisant un travail de sensibilisation de proximité.

Cécile Chartrain

* Voir en particulier le programme « Women’s Leadership », destiné à accélérer l’accès des femmes aux postes à responsabilité dans les fédérations nationales.

** Les « Gunners », c’est le surnom traditionnellement donné aux joueurs d’Arsenal.

 

 

Les Dégommeuses | 25.06.2014 - 15 h 03 | 3 COMMENTAIRES
Le Glam-Match: des paillettes et des crampons contre la lesbophobie et la transphobie
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Le 15 juin dernier, Les Dégommeuses et l’équipe TSG, issue de l’association trans Acceptess-T, se sont rencontrées pour le match le plus glam de l’année: des paillettes, des crampons et de la bonne humeur pour être visibles dans l’espace public et dire non à la lesbophobie et à la transphobie. C’était un peu notre coupe du monde à nous. Alors, en guise de souvenir, voici en mots et en images le discours de Dürtal qui a lancé le match !

(photo de CM Chergui)

Mes bien chères sœurs, mes bien chers frères, mes bien chèr.e.s autres,
Nous, garçons manqués, filles à fille, gouines-garou, reines de beauté, travelottes, transfabulosités, princesses le jour, escorts d’une nuit, putes pour la vie, garçons par choix, moustachus de la dernière pluie, hommes au bout du bistouri, cabots, licornes et sirènes, sommes réuni.e.s aujourd’hui pour célébrer nos survies et nos vies face à la lesbophobie et à la transphobie.
A vous, Manif pour tous, réactionnaires de tous bords, cathos tradi, fachos mal décatis, législateurs obtus, médecins experts de mon cul, parents rejetants, voisins médisants, nous vous adressons un grand FUCK nourri de nos armes les plus fatales : notre humour, notre joyeuse rage d’exister, et notre beauté à toute épreuve.

Car si je suis sifflé dans le métro, si tu es mise à la rue à 18 ans, si elle est poignardée sur son lieu de travail : nous répondons que la révolution se fera en talons, ou en crampons, et surtout avec une demi-tonne de paillettes et d’autodérision !

Je suis Dürtal von Pétale votre présentatrice hystérique pour ce glam-match au sommet, dont je vous rappelle les règles : pas de hors-jeu, pas de tacles et beaucoup d’amitié. Et je vous demande d’applaudir notre mystérieuse arbitre de touffe, notre belle et rebelle arbitre de terrain, et maintenant nos deux fabuleuses équipes :
les merveilleuses Dégommeuses et les endiablé.e.s du TSG !!

foot | Les Dégommeuses | militantisme | 01.03.2014 - 16 h 50 | 0 COMMENTAIRES
Open Games in Russia: LGBT propaganda
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Out Games in Russia: LGBT propaganda

Propaganda #1: Nastya, organizer

 

Propaganda #2: Tanja, organizer

Propaganda #2: Tanja, organizer

Propaganda #2: Yulia, organizer

Propaganda #3: Yulia, organizer

Propaganda #: Elena, player

Propaganda #4 : Elena, player

Propaganda #7: Yulia, referee

Propaganda #5: Yulia, referee

Propaganda #8: Irina, player

Propaganda #6: Irina, player

Propaganda: Cyril, volunteer

Propaganda #7 : Cyril, volunteer

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