6268 Veillée en mémoire de nos soeurs lesbiennes sud-africaines / In memory of all our South-African sisters | Foot For Love

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Afrique du Sud | Lesbiennes | solidarité internationale | Zanele Muholi | 17.03.2013 - 23 h 46 | 5 COMMENTAIRES
Veillée en mémoire de nos soeurs lesbiennes sud-africaines / In memory of all our South-African sisters

(In English below)

Nqobile Khumalo, Sasha Lee Gordon, Mandisa Mbambo, Buhle Msibi, Hendrietta Morifi, Tshuku Ncobo, Phumeza Nkolonzi, Noxolo Nogwaza, Desire Ntombana, Thokozane Qwabe, Nokuthula Radebe, Busi Sigasa, Sihle Sikoji, Eudy Simelane, Sanna Supa, Ntsiki Tyatyeka… Quelques unes de nos sœurs sud-africaines dont la vie a basculé parce qu’elles étaient lesbiennes.

Le dimanche 17 mars 2013 Les Dégommeuses (association sportive et de lutte contre les discriminations) & Inkanyiso (réseau d’artistes et activistes documentant la vie des lesbiennes en Afrique du Sud), ont organisé une veillée à la mémoire des femmes victimes de crimes de haine en Afrique du Sud en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre.

Picture by Zanele Muholi for Inkanyiso

Cette cérémonie organisée sur proposition de l’artiste Zanele Muholi, a offert un prolongement à l’évènement « Foot For Love », une semaine d’action contre les  violences lesbophobes organisée par les Dégommeuses autour de l’invitation à Paris de l’équipe du Thokozani FC de Durban, du 22 au 30 juin 2012.

Si le football a à voir avec le militantisme lesbien ici et là-bas, c’est que la transgression que représente le fait, pour une femme, de pratiquer un sport traditionnellement considéré comme masculin reste insupportable pour certains. Au point qu’elle semble s’ajouter aux facteurs motivant le déchaînement de la violence contre les lesbiennes. Ainsi, en Afrique du Sud, parmi les 40 femmes lesbiennes assassinées ou ayant subi des viols correctifs et dénombrées officiellement depuis 2001, figurent pas moins de 16 joueuses de foot.

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 La cérémonie organisée dans le Parc des Buttes Chaumont en ce 17 mars rendait spécialement hommage à plusieurs d’entre elles :

Eudy Simelane (1977-2008) était une activiste pour les droits des LGBTI et aussi un milieu de terrain d  de l’équipe nationale sud-africaine féminine de football. Le corps d’Eudy a été retrouvé partiellement déshabillé près d’un ruisseau, à quelques centaines de mètres de la maison de ses parents (Kwa Thema, Gauteng). Elle avait été violée, battue et poignardée à 25 reprises. Eudy a été l’une des premières femmes noires à vivre ouvertement comme lesbienne en Afrique du Sud.

Mandisa Mbambo (1978-2012) était une joueuse de foot issue du township d’Inanda, à proximité de Durban. Le corps de Mandisa Mbambo a été retrouvé dans sa chambre, couvert de coups de couteau. On pense qu’elle a été violée avant d’être sauvagement assassinée.
Le média LGBTI Inkanyiso a documenté les funérailles de Mbambo

Sihle Sikoji (1993-2012) avait 19 ans quand elle a été agressée parce que lesbienne. Elle était joueuse de football au sein du fameux Winnie Ladies FC, à Gugulethu, Cape Town. Elle était également membre de Luleki Sizwe, une organisation qui soutient les lesbiennes noires et les femmes bisexuelles et transgenres dans les townships et les zones rurales. Sihle Sikoji a été assassinée dans la nuit du vendredi 9 novembre 2012 à Philippi, Cape Town. Elle et deux de ses amies ont été interpellées par plusieurs hommes qui les ont insultées et traitées d’ « hommes ». La discussion s’est envenimée, virant à la violence physique : Sihle a reçu de nombreux coups de couteaux dans la poitrine tandis que l’une de ses amies était poignardée au bras. Sihle a été enterrée à Unathi Crossroads (Le Cap), le 24 Novembre 2012. Au dessus-de son cercueil était disposé un ballon de football.

Le média LGBTI Inkanyiso a documenté les funérailles de Sihle

NB : Une nouvelle veillée aura lieu en souvenir de Buhle Msibi (1981-2006) et Busi Sigasa (1982-2013), le 6 avril, à Johannesbourg,  au Goethe Institut.

Pour plus d’informations : http://inkanyiso.org/?s=public+announcement

Nqobile Khumalo, Mandisa Mbambo, Buhle Msibi, Hendrietta Morifi, Tshuku Ncobo, Phumeza Nkolonzi, Noxolo Nogwaza, Desire Ntombana, Thokozane Qwabe, Nokuthula Radebe, Busi Sigasa, Sihle Sikoji, Eudy Simelane, Sanna Supa, Ntsiki Tyatyeka… Here are the names of some of our South African sisters who were murdered because they were lesbians.

On Sunday March 17th 2013 Les Dégommeuses (a sports association fighting against discriminations) & Inkanyiso (a network of artists and activists documenting the life and battles of lesbians in South Africa), held a vigil in memory of the women who suffered from hate crimes in South Africa because of their sexual orientation and/or gender identity.

 

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This ceremony, held on a proposal from the artist Zanele Muholi, offered an extension to the event « Foot For Love, » a week of action against violence lesbophobic through sports organized by Les Dégommeuses from 22 to 30 June 2012.

If football has to do with the lesbian activism here and there, it’s because the transgression represented by the fact of a woman playing a sport considered as 100% masculine – as is the case of football, adds to the factors leading to this eruption of violence. Thus, out of the 40 hate crimes committed against lesbians since 2001, 16 hit female football players

The ceremony in the Parc des Buttes Chaumont in March 17 paid ​​special tribute to several of them:

Eudy Simelane (1977-2008) was an LGBTI-rights activist, and a midfielder for Bafana Bafana, the South African national women’s professional football team. Eudy’s body was found partially clothed in a creek, just a few hundred metres from her parents’ home in Kwa Thema, Gauteng. She had been gang raped, beaten and stabbed more than 25 times. She was one of the first women to live openly as a lesbian in Kwa Thema. Eudy Simelane died on Apris 28, 2008.

Mandisa Mbambo (1978 – 2012) was a soccer player from Inanda township, Durban. Mbambo’s body was found in her outside room with multiple stab wounds. It is believed that she was raped before being brutally murdered.
Inkanyiso queer media documented the funeral.

Sihle Sikoji (1993-2012)  was 19 years old when she was attacked for being a lesbian. She was a football player from the well-known Winnie ladies FC, in Gugulethu, Cape Town. She was also a member of Luleki Sizwe, an organization which supports black lesbians, bisexual women and transgender in townships and rural areas. Sihle Sikoji was murdered on the night of Friday 9 November in Phillipi, Cape Town. She and two friends of her were confronted by several men who verbally abused, saying that they acted like men. The confrontation became violent and Sikoji was stabbed in the chest while one of her friends was stabbed in the arm. Sihle was buried in Unathi Crossroads (Cape Town) on November 24, 2012.
Le média LGBTI Inkanyiso a documenté les funérailles de Sihle

Please note be a special occasion to remember Buhle Msibi (1981 – 2006) and Busi Sigasa (1982 – 2013) at Goethe Institut, in Johannesburg on the 6th April 2013.
For more info: http://inkanyiso.org/?s=public+announcement

 

 

LES réactions (5)
Veillée en mémoire de nos soeurs lesbiennes sud-africaines / In memory of all our South-African sisters
  • Par Sylhouahe5 18 Mar 2013 - 17 H 33

    Après la fin de l’apartheid, nous avons cru et espéré que l’Afrique du Sud enfin reviendrait vers une forme de gouvernement sage et démocratique.
    Mais non.
    Les vieilles traditions pourries sont remontées à la surface. Comment trouver d’autres prétextes pour continuer de torturer les corps et les esprits ?
    L’humain croit-il à ce point avoir besoin de quelque chose à fuir, pour se maintenir dans l’illusion de maîtriser son destin ?
    Imposer son point de vue à coup de couteau, de viol, à coup de poing nous rend-il plus fort et nous approche-t-il de la vérité essentielle ?
    Jusqu’en France la violence déborde dans les rues et les lieux privés. Ceux qui se sentent investis d’un message moral antédiluvien, ceux qui pensent que seule leur voie est l’unique passage pour tous et oublient que l’humanité est faite de multiples idées, cultures et goûts, ne savent pas écouter la sagesse originelle des Idées qu’ils prétendent défendre.
    Ceux-là sont les plaies de l’humanité.
    Pour que l’Afrique un jour retrouve une vraie sérénité,
    Pour que l’Europe, les Amériques, l’Asie, l’Australie
    Sortent enfin toutes (et oui, nos continents sont féminins)
    De la superstition des religions mal comprises et interprétées de travers
    Continuons à élever notre esprit vers une réelle modernité
    basée sur Le développement de la conscience intellectuelle et spirituelle.
    Sortons de notre abrutissement et devenons vraiment humains.

     
  • Par gwen 18 Mar 2013 - 16 H 05
    Photo du profil de gwen

    Merci et respect pour tout le travail que vous faites. C’est très touchant.
    (Je me joins à vous pour une pensée pour les « sisters »)

     
  • Par Hùryn 18 Mar 2013 - 12 H 03
    Photo du profil de Hùryn

    Le refus de voir le foot pratiqué par une femme pourrait effectivement être un des pendants sexistes qu’il y a dans la lesbophobie, mais peut-être aussi qu’il y a autant de footeuses dans les victimes parce que ce sport est populaire chez les lesbiennes…Je ne sais pas, à moins que ce ne soit un mélange des deux ?
    Dans tous les cas, beau texte et belle initiative dont le coté paisible touche encore plus quand on sait la violence des viols collectifs/correctifs.

     
  • Par timide 18 Mar 2013 - 11 H 40

    on peut se sentir comme prostré devant tant de bouleversements de la vie, à la connaissance de si tristes événements.

    je me rappelle encore des propos médiatiques de stéphane hessel à la télé, parlant aux générations. il nous a souvent demandé de continuer à nous indigner.

    à chaque fois qu’il y a une déclaration de mort pour cause de haine, nous devons nous arrêter pour nous indigner.

    on dit souvent que la mémoire est devoir, et internet est un moyen puissant pour entretenir sa flamme allumée.

    @lesdégommeuses,

    merci pour cette prise de conscience et ce partage de mémoire autour des lesbiennes sud africaines qui ont perdu la vie dans des circonstances qui ont été pour elles des plus atrocement humiliantes et inhumaines.

    j’ose demander que la dignité de leurs âmes respectives, uniques et individuelles, soient toutes rendues, chacunes, à l’honneur d’avoir été qui elles ont été pour ceux et celles qui les aimaient, pour ceux et celles pour qui leurs vies étaient comme une lumière dans les ténèbres. pour ceux et celles pour qui leurs vies comptaient réellement.

    cela, je le demande au nom de l’homme a disposer de sa propre existence dans la dignité humaine, en conscience de l’autre, son semblable et dans le respect des êtres.

    je le demande aussi au nom du respect des droits universels de l’homme et de l’humain sur la terre.

     
  • Par d. 18 Mar 2013 - 11 H 20

    Une pensée pour toutes ces femmes qui ont été fortes malgré le danger qui les entouraient quotidiennement.
    Vous êtes l’exemple qu’il faut se battre tous les jours pour nos droits et ne pas avoir peur d’affirmer qui l’on est.
    Reposez en paix.

     
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