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Foot For Love
Taclons la lesbophobie!
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foot | Les Dégommeuses | militantisme | Non classé | sport | 21.08.2013 - 15 h 12 | 1 COMMENTAIRES
Conférence de Manchester « Football Fans v. Homophobia : un billet à composter contre les LGBT-phobies

Manchester vit pour le foot… A Manchester, le monument sans doute le plus visité est le Football National Museum. On y trouve une collection impressionnante d’objets, plus ou moins insolites. Par exemple une casquette* offerte à Sue Lopez, légende du football féminin, à l’occasion de sa sélection en équipe d’Angleterre pour affronter l’Irlande du Nord, en septembre 1973. La légende signale opportunément : « la casquette était cousue-maison [avec les petites mains des joueuses, peut-être ??], car la fédération anglaise de football féminin ne pouvait pas s’offrir des casquettes officielles » (sic).

A Manchester, il y a surtout deux équipes de foot qui se livrent depuis des décennies une lutte sans merci, incarnée par la rivalité des frères ennemis Liam et Noël Gallagher, du groupe Oasis… D’un côté les Reds de Manchester, où Eric Cantona a conquis la gloire dans les 80’s ; de l’autre les blues de City, le club de la « working class » – une anomalie dans le foot où les clubs des classes populaires endossent généralement le rouge quand les bourgeois préfère voir flotter le bleu sur leurs épaules.

A Manchester, il y a enfin des fans de foot engagés, emmenés par Lou Englefield et une troupe de filles fort sympathiques, qui ont fondé le réseau Football v Homophobia afin de faire émerger la problématique de l’homophobie dans le foot, d’abord en Angleterre puis à l’international.

En partenariat avec FARE (un réseau qui lutte contre le racisme et les discriminations dans le foot), Football v Homophobia organisait, le 17 août, à Manchester, donc, la première conférence « Fans against homophobia ».

Elle a accueilli 130 participants venus de 29 pays. Parmi les intervenants, on trouvait des membres de groups de supporters, des activistes de la communauté LGBT, des officiels issus de différentes ONG, et même un représentant de l’UEFA. Dans le contexte des Mondiaux d’athlétisme de Moscou et alors que la Russie s’apprête à recevoir les Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi, les délégations présentes n’ont pas manqué d’interpeller ce dernier sur la position de l’UEFA, appelant à une position ferme pour la défense des droits des LGBT face aux dérives liberticides. Les réponses sont hélas restées évasives. On a pu également regretter une visibilité encore trop faible des femmes à la tribune (lors des séances plénières, à tout le moins), malgré les efforts manifestes des organisatrices sur le sujet. Il reste encore à faire (et à questionner) sur ce point ; de même qu’en ce qui concerne la représentation des minorités « of color ».

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Les Dégos avec le réseau « Frauen im Fussball Netzwerk »

Néanmoins, la conférence aura drainé un public aussi divers que nombreux, mis en avant comme rarement auparavant les populations trans ; et elle aura permis aux Dégommeuses de nouer des contacts avec différents groupes, dont celui des F_in Frauen im FuBball – des filles qui luttent pour faire entendre la voix des supportrices femmes en Allemagne. Les communications présentées par nos ami-e-s allemand-e-s furent d’ailleurs parmi les plus inspirantes de la conférence, tant il est vrai que culture du supporterisme et respect des minorités sexuelles semblent étonnamment faire bon ménage outre-Rhin.

Une demi-douzaine ateliers était proposée durant la journée, portant sur les campagnes internationales, les outils innovants, les groupes de supporters, la transphobie dans le foot, etc. Les Dégommeuses étaient invitées à présenter leur campagne « Foot For Love » dans le cadre du premier workshop ayant trait aux campagnes internationales.

Au terme de ce voyage à Manchester, nous repartons avec de nouveaux encouragements et plus que jamais l’envie de défendre la cause des femmes et des LGBT dans le monde du football, en France et au-delà, fortes de nouvelles alliances.

Cécile Chartrain

A la fin des années 1880, les footballeurs sélectionnés en équipe nationale d’Angleterre devaient se présenter dans le stade vêtus d’une casquette (« cap » en anglais) en soie blanche, avec une rose rouge brodée à la hauteur du front. L’usage consistant à offrir une casquette aux joueurs et joueuses sélectionné-e-s en équipe nationale, à chaque convocation, a perduré. Le terme anglais a été francisé de sorte qu’on emploie encore le mot « cape » pour évoquer la sélection d’un joueur ou d’une joueuse en équipe nationale.

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(c) Ariane Gramelspacher.

 

LES réactions (1)
Conférence de Manchester « Football Fans v. Homophobia : un billet à composter contre les LGBT-phobies
  • Par timide 21 Août 2013 - 21 H 43

    quel engagement ! beau compte rendu. merci.

     
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