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Foot For Love
Taclons la lesbophobie!
associations | Foot féminin | Les Dégommeuses | militantisme | sport | 05.05.2015 - 11 h 35 | 0 COMMENTAIRES
Rencontre-débat 19 mai 2015: « Prouve-nous que tu es une femme »

L’association Les Dégommeuses a le plaisir de vous inviter à la deuxième séance de son cycle de rencontres-débats  « Femmes, genre et sport »

« Prouve-nous que tu es une femme »

Tests de féminité et autres formes de contrôle médical du corps des sportives

 

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Anaïs Bohuon : « La fabrique médicale des sportives »

Anaïs Bohuon est Maître de conférences UFR STAPS Paris Sud. Elle est notamment l’auteure de « Le test de féminité dans les compétitions sportives » (Editions iXe, 2012).

Chantal Bournissen : « Le point de vue d’une ancienne sportive de haut niveau »

Chantal Bournissen a gagné la Coupe du Monde de descente de ski en 1991. Elle est professeure à la Haute Ecole de Travail Social du Valais (Suisse).

Le mercredi 19 août 2009, la jeune athlète sud-africaine Caster Semenya survolait l’épreuve du 800 mètres, en pulvérisant son record personnel et en surclassant la tenante du titre, la Kenyane Janeth Jepkosgei, avec deux secondes d’avance. Une course magnifique…et trop belle pour être le fait d’une représentante du « sexe faible » ? Le soupçon enfle alors : et si Caster Semenya n’était pas une « vraie » femme ?

Ce cas médiatique a attiré fortement l’attention sur les « tests de féminité », ces pratiques humiliantes que les instances sportives internationales ont plus ou moins systématiquement fait subir aux femmes athlètes depuis les années 60 pour « certifier » leur sexe. Examens gynécologiques, tests chromosomiques et autres techniques médicales ont été mis au service d’une « police du genre » qui sert, en dernière instance, à reproduire une vision binaire et hiérarchique des sexes : en haut de l’échelle sportive, les hommes, forts et performants ; et en bas les femmes, que la « nature » empêchera toujours de rivaliser avec eux…

 

Mardi 19 mai 2015, 19h-21h

Mairie du 20ème arrondissement –  Salle du conseil – 6, place Gambetta, 75020 Paris

Entrée libre, dans la limite des places disponibles

Avec le soutien de

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foot | Foot féminin | Les Dégommeuses | militantisme | sexisme | sport | 15.01.2015 - 21 h 17 | 0 COMMENTAIRES
Rencontre-débat: Les pionnières du sport féminin

L’association Les Dégommeuses a le plaisir de vous inviter à la première séance de son cycle de rencontres-débats  « Femmes, genre et sport »

Les pionnières du sport féminin: De la « Course des midinettes » en 1903 à l’essor du foot féminin dans les années 1970

 

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Alice Milliat et le combat pour la reconnaissance internationale du sport féminin

Suzette Robichon, militante féministe, membre des Dégommeuses

L’incroyable histoire des footballeuses du FCF Reims

Armelle Binard, Nadine Julliard et Ghislaine Royer-Souef, anciennes joueuses du FCF Reims et membres de la première équipe nationale de foot féminin.

 

L’entrée des femmes dans le sport a été aussi difficile que dans d’autres domaines. Paradoxalement, la mobilisation des hommes au combat durant la première guerre mondiale favorise pourtant le développement et l’intérêt pour le sport féminin en Europe. Des championnats nationaux de football féminin (mais aussi de basket, hockey, natation) sont mis en place en France, peu après la fin de la guerre. L’engouement est tel que le premier match international de foot féminin, qui oppose une formation anglaise de Preston (les Dick Kerr’s Ladies) et une sélection des meilleures joueuses françaises, déplace plus de 25 000 spectateurs à Manchester, le 29 avril 1920. Si la française Alice Milliat se consacre inlassablement à la légitimation du sport féminin sur la scène internationale, la pratique physique et sportive apparaît aux yeux de beaucoup comme un dangereux vecteur d’émancipation des femmes. Les résistances sont souvent masquées par de prétendues justifications médicales mais pas moins opérantes. Après une longue période de mise en sommeil (et d’interdiction formelle), le foot féminin connaît un renouveau à partir de 1968. Il est incarné par les exploits des joueuses du FCF Reims, qui vont constituer l’ossature de la toute première équipe de France officielle. Au départ, il ne s’agissait que d’une blague…

 

Mardi 27 janvier, 19h-21h

Mairie du 2ème arrondissement –  Salle des expositions – 8 Rue de la Banque, 75002 Paris

Entrée libre, dans la limite des places disponibles

Accès aux personnes sourdes et malentendantes (sur inscription à l’adresse lesdegommeuses@gmail.com)

 Avec le soutien de

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Foot féminin | Les Dégommeuses | sport | 23.09.2014 - 18 h 19 | 2 COMMENTAIRES
La fin du foot à papa ?

Après la défaite du Real Madrid contre l’Atletico il y a 8 jours, l’entraîneur du Real, Carlo Ancelotti a mis en cause l’engagement de ses joueurs en se distinguant par cette remarque : « Football is not a game for señoritas » (« le foot n’est pas un sport de demoiselles »). Ironie du sort, cette sortie à caractère à la fois sexiste et homophobe intervient au lendemain d’une conférence organisée par la FIFA, en partenariat avec FARE (Réseau européen d’acteurs engagés contre les discriminations) et Fifpro (syndicat international des joueurs professionnels), dont le mot d’ordre était « Respect diversity ».

Si l’UEFA a souvent été décriée pour son conservatisme – un peu moins que son pendant intercontinental, la FIFA, mais quand même! – , force est de reconnaitre les changements récents impulsés par l’organisation. En 2013, l’UEFA avait sensiblement durci son dispositif de mesures à l’encontre des acteurs coupables d’actes et propos discriminatoires, et leur application est devenue plus systématique. La conférence qui se tenait à Rome les 10 et 11 septembre 2014 a permis d’enclencher une vitesse supérieure dans la quête d’un football européen plus inclusif, en tout cas en termes d’affichage politique. Ainsi Michel Platini a introduit la conférence en n’hésitant pas à affirmer : « Le football à papa, c’est fini ! » ; ceci avant que ne soit dévoilé le tout nouveau clip vidéo de la campagne UEFA « Respect », qui met en scène entre autres la footballeuse lesbienne Casey Stoney et l’ex-international de foot allemand sorti du placard récemment, Thomas Hitzlsperger.

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Michel Platini a prononcé un discours offensif en ouverture de la conférence

La première journée de la conférence a servi à mettre en lumière des bonnes pratiques déjà à l’oeuvre en Europe en matière de promotion de la diversité. Mais surtout elle a permis de pointer les avancées réalisées en matière d’intégration des femmes dans les sphères dirigeantes, avec une table-ronde exclusivement féminine. Les quatre invitées – parmi lesquelles figurait Karen Espelund, toute première femme nommée au sein du comité exécutif de l’UEFA en 2011 – ont vanté les nouveaux programmes de l’UEFA dédiés à la participation des femmes*. Mais elles ont aussi insisté sans faux-semblant sur la nécessité de passer du stade des belles déclarations à un véritable plan d’action avec des objectifs clairs à moyen terme.

La seconde journée de la conférence a été un peu plus décevante. Elle a débuté avec différents ateliers, dont l’un était consacré à la lutte contre l’homophobie (« Tackling homophobia »). Le fait qu’aucun représentant de club de haut niveau ou de fédération  nationale n’ait daigné assister à cet atelier en dit long sur la priorisation de ce combat à l’échelle européenne, même si les workshops organisés en parallèle étaient tous dignes d’intérêt. Les participants (essentiellement des représentants associatifs issus de la communauté LGBT) ont posé comme principale revendication que l’UEFA cesse d’utiliser le mot racisme pour désigner ĺ’ensemble des discriminations, estimant que l’on ne parviendrait pas à lutter efficacement contre l’homophobie si l’on continuait à hésiter sur les termes à employer pour la qualifier. Ce constat fait suite notamment aux sanctions qui ont été prononcées par l’UEFA contre le Bayern Munich après un match de Ligue des Champions au cours duquel des supporters allemands avaient déployé une banderole caricaturant Mesut Özil, un canon tourné vers son postérieur, avec la mention « Gay Gunners* » (« cannoniers gays »). En conséquence, le Bayern avait été enjoint de payer une amende de 10 000€ (seulement!) et la tribune d’où provenait la banderole avait été fermée au match de Ligue des Champions suivant. Des bannières de l’UEFA disant « Non au racisme » avaient alors été disposées dans les travées vides.

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La banderole des supporters du Bayern que l’UEFA avait dénoncée comme… « raciste » (mars 2014)

Après la mise en commun des conclusions des différents ateliers en séance plénière,  des joueurs professionnels étaient conviés à partager leur expérience et leur point de vue sur l’état de la lutte contre le racisme dans les stades de football principalement. Malheureusement, pas de présence féminine sur scène cette fois, juste un enregistrement vidéo avec Laura Georges, la joueuse de du PSG et de l’équipe de France. Le peu d’attention dont jouit encore le foot féminin a, de fait, été l’objet de débat. En effet, comme l’ont rappelé les Dégommeuses dans une question adressée au représentant de la UEFA sur scène, la focale portée sur la présence des femmes dans les instances dirigeantes n’épuise pas la question de l’invisibilité et du déficit de reconnaissance des femmes dans le monde du football. Et la concentration des efforts symboliques et financiers sur le foot masculin dans la lutte contre les discriminations est un symptôme de ce manque de reconnaissance toujours patent, qui s’accommode parfaitement de la reproduction des stéréotypes de genre (cf. l’idée la femme « par nature » non violente et inoffensive). L’interview vidéo de Laura Georges, qui était focalisée essentiellement sur les craintes que celle-ci pouvait ressentir en tant que mère face aux débordements racistes et violents des supporters, était décevante de ce point de vue.

Malgré la table-ronde 100% féminine : "Why equality matters?", le foot féminin n'a été que peu abordé pendant la conférence

Malgré la table-ronde 100% féminine : « Why equality matters? », le foot féminin n’a reçu que peu d’attention à Rome

La « fin du foot à papa » n’est certainement pas pour demain. Pour l’heure, il est temps qu’une véritable politique de promotion du foot féminin et de lutte contre les discriminations visant aussi les actrices et acteurs du foot féminin soit mise en place. Car non, le racisme, l’homophobie, et même le sexisme, n’existent pas que dans le foot masculin. De façon plus générale, il serait opportun que l’UEFA et l’ensemble des fédérations nationales encouragent et accompagnent plus fortement la mobilisation des acteurs et actrices oeuvrant à la base de la pyramide pour faire une place aux minorités les plus opprimées (les réfugiés, les pauvres, etc.), sur et en dehors des terrains de foot, en inventant des dispositifs novateurs pour lever les freins à la pratique sportive ou en faisant un travail de sensibilisation de proximité.

Cécile Chartrain

* Voir en particulier le programme « Women’s Leadership », destiné à accélérer l’accès des femmes aux postes à responsabilité dans les fédérations nationales.

** Les « Gunners », c’est le surnom traditionnellement donné aux joueurs d’Arsenal.

 

 

foot | sexisme | sport | 15.01.2014 - 10 h 33 | 3 COMMENTAIRES
Ibrahimovic (et footdelles.com) zlatanés par le sexisme

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Les Dégommeuses réagissent aux propos de Zlatan sur Lotta Schelin, mais aussi à l’article « La fausse polémique Zlatan » paru sur le site Footdelles.com

En octobre dernier, les Dégommeuses menaient une action de sensibilisation contre le sexisme et l’homophobie, devant le Parc des Princes, à destination des supporters venus assister au match PSG-Bastia. Connaissant la passion des supporters parisiens pour Zlatan Ibrahimovic, et non sans y avoir réfléchi à deux fois[1], nous avons osé ce slogan : « Zlatanons le sexisme ». Malheureusement, les récentes déclarations du champion suédois nous font penser que c’est plutôt le sexisme qui a « zlatané » Ibra !

En effet, avec l’arrogance qu’on lui connaît, l’attaquant vedette du PSG s’est indigné d’avoir été comparé… à une femme ! « Quand je suis à l’étranger, on me compare à Messi et Ronaldo. Quand je rentre en Suède, on me compare à des footballeuses. L’été dernier on m’a demandé : « Qui est le meilleur : Lotta Schelin ou vous ?  (…) Non mais c’est une blague ou quoi ?! ». Comprenez : on ne peut pas comparer un footballeur à une footballeuse, parce qu’un homme qui joue au foot est  intrinsèquement plus fort et plus performant qu’une femme, c’est la nature qui le veut… Imparable, non ? Sauf, qu’à y regarder de plus près, les choses sont moins évidentes qu’il n’y paraît. Si on ne peut pas comparer Lotta Schelin à Zlatan, est-ce beaucoup moins extravagant de mettre sur le même plan Lionel Messi, qui mesure à peine 1,69cm pour 67kg, et le colosse Ibrahimovic, qui peut compter sur 25 centimètres et 30 kilos de muscles de plus que « la puce » du FC Barcelone ? Pourtant, personne ne s’offusque de cette comparaison, pas même Zlatan. Messi est d’ailleurs devenu le premier joueur à remporter quatre ballons d’or d’affilée et nombreux sont ceux qui considèrent qu’un autre lutin argentin – Diego Maradona – restera comme le meilleur joueur de l’histoire du football. Sur ce constat, les commentateurs sportifs continuent de vendre du rêve aux passionnés de foot du monde entier en leur présentant volontiers le football comme « ce sport dans lequel il est possible de réussir sans avoir un physique de titan. Au final, la seul pensé, la barrière symbolique suprême et infranchissable, est bien celle qui sépare les hommes et les femmes : toute comparaison est réfutée a priori – « ça ne se discute pas ! ».

Le « titan » Ibra, avec la « pulga » Messi

Avec cette histoire, nous sommes donc véritablement au cœur des manifestations du sexisme dans le sport. La supposée différence des sexes est ancrée – et maintenue bien figée – dans la nature pour justifier la hiérarchie des sexes : les écarts de salaires entre joueurs et joueuses, la différence de traitement médiatique qui pénalise les sportives, le dénigrement systématique que doivent subir les femmes qui s’aventurent sur des terrains de jeu traditionnellement réservés aux hommes. Certains se défendent de toute attitude sexiste en nous expliquant que, nous les femmes, avons aussi nos domaines sportifs de prédilection (rassurez-vous mesdames, personne ne s’offusquera de votre domination en patinage artistique, où votre grâce « naturelle » fait tellement merveille). Les mêmes, et d’autres encore, avancent à l’emporte-pièce – comme dans l’article publié par footdelles.com qui nous amène à réagir aujourd’hui – que si « la comparaison [entre foot masculin et foot féminin] ne tient pas la route », c’est parce que « trop d’aspects distinguent encore ces deux pratiques [sic] : la médiatisation, l’argent généré, l’audience dans les stades, l’histoire »… Mais, enfin, qui pour rappeler que la notoriété et les profits générés par Hope Solo ou Abby Wambach sur le continent nord-américain dépassent globalement ceux de leurs homologues masculins ? Qui pour signaler que si le foot féminin n’a pu se développer à la hauteur du foot masculin en Europe, c’est tout simplement parce que son succès, au début du siècle dernier, fut tel que certains prirent peur qu’il permette aux femmes une trop grande émancipation et préférèrent alors l’interdire purement et simplement ? Qui pour expliquer encore que les normes autour duquel ce sport s’est construit ont été et continuent d’être façonnées pour correspondre à des corps masculins (qu’on s’arrête ne serait-ce qu’un instant pour penser à la taille des cages au lieu de remettre toujours en cause la « faiblesse » des gardiennes de but féminines) ? Et qui pour défendre l’intérêt d’expérimentations de la pratique du football en mixité[2].

Dans ce contexte, oui, quelle déception que de constater qu’au lieu de profiter de l’occasion pour déconstruire toutes les fausses évidences qui polluent la perception du foot féminin, le site footdelles.com participe à leur reproduction. Ainsi, il n’a publié qu’un seul article suite aux propos de Zlatan Ibrahimovic, et en l’occurrence un article titré « Zlatan : la fausse polémique », qui niait le caractère sexiste desdits propos, en usant de formules méprisantes telles que « il est évident que la comparaison entre ces deux footballs ne tient pas la route », ou encore en mettant en avant, à sa décharge, le fait que le joueur suédois aurait tenté de convaincre sa compatriote Lotta Schelin de s’engager au PSG. Il est vrai que Zlatan n’en est pas à son premier coup d’essai. La polémique, il connaît et il la manie à la perfection. C’est sans doute ce qui explique aussi qu’il compte autant de fans parmi les journalistes. Cependant, ce que nous attendons d’un site supposé promouvoir le foot féminin est à la fois d’être intransigeant envers les commentaires dépréciatifs sur le foot féminin[3] et d’aider la frange la moins avertie de son public à remettre en question ses représentations.

En tant que féministes, nous ne connaissons que trop bien ces reproches qui nous sont si souvent adressés lorsque nous nous indignons face à une énième manifestation de sexisme : « vous n’avez pas de sens de l’humour, ce n’était qu’une mauvaise blague » ; « vous exagérez, vous voyez vraiment le mal partout », ou, pire, « à force de vous plaindre, vous allez finir par desservir votre cause ». Cette suffisance reflète bien les rapports de force qui régissent tous les secteurs de la société (y compris le sport), et qui dictent aux femmes jusqu’où elles peuvent pousser leurs revendications et à quel moment elles doivent rester silencieuses. Nous n’avons pas envie de nous taire et nous cherchons des allié-e-s. Pourrons-nous compter sur vous à l’avenir ?


[1] Les Dégommeuses avaient déjà eu l’occasion de réagir publiquement ces derniers mois aux propos de Bernard Lacombe, Pierre Ménès, Laurent Blanc ou encore Gennaro Gattuso, laissant tous plus ou moins entendre que le foot n’était pas une affaire de filles.

[2] Si Helen MacArthur a pu faire reconnaître qu’elle avait le niveau des navigateurs masculins – dans un sport exigeant aussi de la force physique –, n’est-ce pas d’abord parce qu’elle a été autorisée à concourir dans la même catégorie qu’eux?

[3] Zlatan Ibrahimovic ne s’est d’ailleurs pas contenté de dire que la comparaison entre hommes et femmes dans le foot ne tenait pas debout ; à la question de savoir quel serait le cadeau le plus adapté pour récompenser la recordwoman des sélections en équipe de Suède, il a répondu ceci : « on pourrait lui offrir un vélo avec mon autographe et cela suffira ! ». Pour mémoire, le détenteur du record en équipe de Suède masculine avait eu droit à une Volvo flambant neuve.

foot | Les Dégommeuses | militantisme | sexisme | sport | 18.10.2013 - 08 h 50 | 2 COMMENTAIRES
Le quiz des Dégommeuses contre le sexisme et l’homophobie dans le foot

Dans le cadre des Semaines d’Action de FARE (Football against racism in Europe), les Dégommeuses lancent un « quiz foot » destiné à sensibiliser les supporters contre le sexisme et l’homophobie. Il sera baptisé à l’occasion d’une action militante devant le Parc des Princes, ce samedi 19 octobre, avant le match PSG/Bastia.

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foot | Les Dégommeuses | militantisme | Non classé | sport | 21.08.2013 - 15 h 12 | 1 COMMENTAIRES
Conférence de Manchester « Football Fans v. Homophobia : un billet à composter contre les LGBT-phobies

Manchester vit pour le foot… A Manchester, le monument sans doute le plus visité est le Football National Museum. On y trouve une collection impressionnante d’objets, plus ou moins insolites. Par exemple une casquette* offerte à Sue Lopez, légende du football féminin, à l’occasion de sa sélection en équipe d’Angleterre pour affronter l’Irlande du Nord, en septembre 1973. La légende signale opportunément : « la casquette était cousue-maison [avec les petites mains des joueuses, peut-être ??], car la fédération anglaise de football féminin ne pouvait pas s’offrir des casquettes officielles » (sic).

A Manchester, il y a surtout deux équipes de foot qui se livrent depuis des décennies une lutte sans merci, incarnée par la rivalité des frères ennemis Liam et Noël Gallagher, du groupe Oasis… D’un côté les Reds de Manchester, où Eric Cantona a conquis la gloire dans les 80’s ; de l’autre les blues de City, le club de la « working class » – une anomalie dans le foot où les clubs des classes populaires endossent généralement le rouge quand les bourgeois préfère voir flotter le bleu sur leurs épaules.

A Manchester, il y a enfin des fans de foot engagés, emmenés par Lou Englefield et une troupe de filles fort sympathiques, qui ont fondé le réseau Football v Homophobia afin de faire émerger la problématique de l’homophobie dans le foot, d’abord en Angleterre puis à l’international.

En partenariat avec FARE (un réseau qui lutte contre le racisme et les discriminations dans le foot), Football v Homophobia organisait, le 17 août, à Manchester, donc, la première conférence « Fans against homophobia ».

Elle a accueilli 130 participants venus de 29 pays. Parmi les intervenants, on trouvait des membres de groups de supporters, des activistes de la communauté LGBT, des officiels issus de différentes ONG, et même un représentant de l’UEFA. Dans le contexte des Mondiaux d’athlétisme de Moscou et alors que la Russie s’apprête à recevoir les Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi, les délégations présentes n’ont pas manqué d’interpeller ce dernier sur la position de l’UEFA, appelant à une position ferme pour la défense des droits des LGBT face aux dérives liberticides. Les réponses sont hélas restées évasives. On a pu également regretter une visibilité encore trop faible des femmes à la tribune (lors des séances plénières, à tout le moins), malgré les efforts manifestes des organisatrices sur le sujet. Il reste encore à faire (et à questionner) sur ce point ; de même qu’en ce qui concerne la représentation des minorités « of color ».

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Les Dégos avec le réseau « Frauen im Fussball Netzwerk »

Néanmoins, la conférence aura drainé un public aussi divers que nombreux, mis en avant comme rarement auparavant les populations trans ; et elle aura permis aux Dégommeuses de nouer des contacts avec différents groupes, dont celui des F_in Frauen im FuBball – des filles qui luttent pour faire entendre la voix des supportrices femmes en Allemagne. Les communications présentées par nos ami-e-s allemand-e-s furent d’ailleurs parmi les plus inspirantes de la conférence, tant il est vrai que culture du supporterisme et respect des minorités sexuelles semblent étonnamment faire bon ménage outre-Rhin.

Une demi-douzaine ateliers était proposée durant la journée, portant sur les campagnes internationales, les outils innovants, les groupes de supporters, la transphobie dans le foot, etc. Les Dégommeuses étaient invitées à présenter leur campagne « Foot For Love » dans le cadre du premier workshop ayant trait aux campagnes internationales.

Au terme de ce voyage à Manchester, nous repartons avec de nouveaux encouragements et plus que jamais l’envie de défendre la cause des femmes et des LGBT dans le monde du football, en France et au-delà, fortes de nouvelles alliances.

Cécile Chartrain

A la fin des années 1880, les footballeurs sélectionnés en équipe nationale d’Angleterre devaient se présenter dans le stade vêtus d’une casquette (« cap » en anglais) en soie blanche, avec une rose rouge brodée à la hauteur du front. L’usage consistant à offrir une casquette aux joueurs et joueuses sélectionné-e-s en équipe nationale, à chaque convocation, a perduré. Le terme anglais a été francisé de sorte qu’on emploie encore le mot « cape » pour évoquer la sélection d’un joueur ou d’une joueuse en équipe nationale.

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(c) Ariane Gramelspacher.

 

foot | La p'tite Blan | Les Dégommeuses | militantisme | prison | Sidaction | sport | 15.07.2013 - 15 h 34 | 6 COMMENTAIRES
Sidaction 2013: les Dégommeuses entrent en prison

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Dans le cadre du Sidaction 2013, un tournoi de foot a été organisé dans plusieurs établissement pénitentiaires d’Ile-de-France. Une occasion pour parler de prévention et pour faire entrer à l’intérieur des prisons une opération de sensibilisation et collecte nationale. Les Dégommeuses ont pris part en tant que bénévoles à deux de ces tournois, à Nanterre et à Meaux. Voici le récit et les photos de Bettina Blanc-Penther. 

Les Dégommeuses à Meaux

Nanterre. On traverse une université. Qu’est-ce qu’on apprend dans les amphithéâtres ? Tout au long de ces couloirs où, derrière chaque porte, une même salle accueille la même envie de s’en sortir ; pour ne pas finir là-bas, juste à coté, dans la prison de Nanterre. Dans ces salles aux faux plafonds défoncés, les élèves se tiennent pourtant la tête. Ils baillent et s’endorment, bercés par le va-et-vient de leur attention, qui les fait se relever de leur chaise toutes les dix minutes. Le soir, quand ils rentreront chez eux et qu’ils reliront leurs notes, ils se demanderont parfois pourquoi… pourquoi, à un moment de leur journée, ils ont cru nécessaire de noter les quelques lignes qu’ils ont maintenant du mal à déchiffrer sur leurs cahiers. Ils doutent depuis toujours. Ils ne savent pas que faire de leur vie, ni ce qui les a amenés à opter pour telles études plutôt que telles autres. A vingt ans, on s’ennuie. On sait juste qu’on a de la chance. La chance d’être né là plutôt que quelques kilomètres plus loin. Ces quelques pas de différence qui nous ont permis d’aller à l’université plutôt que de nous retrouver là-bas, derrière des portes qui semblent avoir été fabriquées pour la simple fonction de se fermer.

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Que dire de cette chance, sinon qu’elle est injuste ? Elle nous gêne, elle nous dégoûte presque, et l’on ne sait pas ce qu’il faut en faire. Alors par facilité, on la confie à un autre que l’on met au pouvoir et qui nous dira, lui, que faire de tout ça. Chacun écoute parce qu’il ne veut pas parler, écoute cet autre qui nous dit à quoi doivent ressembler un homme ou une femme , quelle devrait être la place des immigrés en France aujourd’hui, ou ce qu’il faut penser des commutations de peine pour les détenus Par paresse et par crainte, on apprend très bien à imiter ce à quoi il faut ressembler. Ainsi, on peut faire semblant d’étudier, on peut faire semblant de travailler, parce qu’on sait à quoi doit ressembler un étudiant ou un travailleur.

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Mais les prisonniers eux, que font-ils? Dans ces quelques mètres carrés ou il n’y a rien à faire, comment faire semblant d’être un homme ? Eux aussi on vingt ans. Eux aussi se demandent ce qu’ils vont devenir dans un endroit ou l’ennui est la principale occupation. Pourtant, quand on arrive sur le terrain de foot, ce sont eux qui rient et nous qui avons peur. Plus tard, ils nous demanderont pourquoi on baissait les yeux en arrivant. Très vite on a envie de se mélanger, on enfile tous les chasubles de Sidaction et les passes font vite office de paroles. Bientôt les équipes sont formées et le coup d’envoi est donné. On ne sait pas où se mettre par ce qu’ils sont forts, qu’ils courent trop vite. Mais on se prend au jeu, on court avec eux, on ne pense plus à rien d’autre que de faire progresser la balle dans le camp adverse. On se rappelle ces parties de foot où, enfant, on tâtait la balle avec ces grands cousins qui nous semblaient imbattables. On ne touche presque pas le ballon et l’on enrage quand il nous file entre les pieds. Les gaillards continuent à nous faire des passes malgré tout. Mais le temps file et à 17h, il est déjà l’heure de la douche. On échange des remerciements avant de rentrer par le couloir central, qui résonne désormais des plaisanteries des joueurs. Eux prennent la porte de droite. Nous celle de gauche.

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Et c’est à ce moment qu’on réalise que la douche qu’ils vont prendre sera leur deuxième et dernière de la semaine, qu’ils ne rentreront pas chez eux en RER, comme nous, et qu’on ne rejouera plus jamais ensemble… parce que quelque part  – on ne sait où, ni pourquoi, ni comment -une différence infime s’était glissée entre nous.

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« Le foot c’est une simulation de normalité. Dans la demi-heure où tu joues, tu as l’impression de faire une chose qu’on fait aussi dehors, une chose qui n’est pas entièrement déformée par la prison. Mais à la fin du match la réalité reprend le dessus, et quand on te renferme à plusieurs tours de clés, tu es laissé à ta propre nostalgie.

Adriano Sofri, intellectuel et journaliste italien condamné à 22 années de prison.

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Les Dégommeuses | sport | 23.05.2013 - 12 h 38 | 2 COMMENTAIRES
Retour en images sur le TIP

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Les Bleues tentent désespérément d’impressionner les adversaires

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Les Dégos au complet avant le tournoi

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La force noire! Dégos Maradona

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La force rouge – Dégos de la Vega

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Les maillots les plus chics du TIP!

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Go les Dégos (with Crash Test as Guest star)

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Euh, c’est une chaussure de foot, ça?

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Premiers bobos, premiers câlins de Coach KD!

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« Ce n’est pas parce qu’on débarque à midi la bouche en fleur qu’on n’est pas sérieuses »!

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Platine-i!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ariane, the looseuse of the cheers!

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La force bleue – The warriors

 

 

 

 

 

 

 

Les Dégommeuses | sexisme | sport | 13.05.2013 - 09 h 28 | 11 COMMENTAIRES
Des footballeuses agressées dans l’indifférence générale dans un stade parisien

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Communiqué de presse

Paris, le 13 mai 2013

Alors que cette semaine sera marquée par l’organisation des premiers Etats Généraux du sport féminin en équipe, à Bourges, les 16 et 17 mai, l’association Les Dégommeuses tient à alerter l’ensemble de la communauté sportive quant aux violences et aux discriminations quotidiennes que rencontrent les femmes engagées dans la pratique sportive.

Le lundi 6 mai 2013, les joueuses de l’équipe féminine de football parisienne « Les Dégommeuses »  se sont fait violemment agresser par un groupe d’adolescents, au cours d’un de leurs entraînements hebdomadaires.

Venus se poster sur le toit d’un immeuble jouxtant le terrain de football, une dizaine de jeunes garçons ont commencé par interpeller les joueuses avec des insultes sexistes (« sales putes », « suce-moi la bite », etc.) accompagnées de gestes à connotation sexuelle. Les adolescents ont ensuite mis la main sur un stock d’une vingtaine de bouteilles d’eau pleines, qu’ils ont lancées du haut du bâtiment en visant les joueuses. Si, fort heureusement, celles-ci ont réussi à esquiver les bouteilles et aucune n’a été blessée, les conséquences de ces agressions auraient pu être dramatiques.

Cette scène a duré une bonne vingtaine de minutes et s’est déroulée dans l’indifférence générale. En effet, les joueurs qui évoluaient sur l’autre moitié de terrain du stade, ce soir là, dans le cadre d’une compétition régionale de foot à 7, n’ont pas daigné réagir. Et lorsque la police est arrivée et les a questionnés, ils ont feint, pour la quasi totalité d’entre eux, de n’avoir rien vu. Quant à l’arbitre, il a déclaré qu’il avait entraperçu ce qu’il se passait, mais qu’il ne pouvait tout simplement pas interrompre un quart de finale de coupe! Les quelques employés municipaux présents dans l’enceinte ont tardé à intervenir et n’ont pas semblé mesurer bien davantage la gravité de la situation.

Face à la portée de ces faits, les Dégommeuses estiment qu’il est intolérable que des joueuses de football viennent s’entraîner avec la peur au ventre, parce qu’elles ne se sentent pas en sécurité, ou avec le sentiment qu’elles n’ont pas leur place sur un terrain de football, parce que tout est fait pour les dissuader d’occuper cet espace. Elles en appellent donc à la responsabilité des élus et de l’ensemble des acteurs de la jeunesse pour protéger les unes et éduquer les autres.

Convaincues que le changement des comportements passera avant tout par la prévention, les Dégommeuses demandent que des actions de sensibilisation contre le sexisme soient mises en œuvre très rapidement en direction à la fois des jeunes de la Ville de Paris et des agents municipaux.

Plus largement, les Dégommeuses espèrent que les faits malheureux qui se sont produits permettront de mettre en évidence la nécessité d’octroyer des moyens beaucoup plus importants pour la lutte contre le sexisme dans le milieu sportif (en particulier dans les sports traditionnellement considérés comme plutôt « masculins » comme le football) afin d’encourager et de protéger la pratique sportive des femmes.

associations | sport | 15.10.2012 - 12 h 27 | 1 COMMENTAIRES
Soirée FOL & FFFOOT mercredi 17 octobre à la Mutinerie, à Paris

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En ce début d’octobre pluvieux, difficile de se motiver pour sortir, a fortiori pour aller faire du sport ! Heureusement, les Dégommeuses et leurs copines de Fol Effet pensent à vous ! Parce que le foot c’est bien mais le foot + la fête c’est mieux, rendez-vous mercredi 17 octobre à la Mutinerie, dès 19h, pour la soirée «FOL & FFFOOT».

Cette petite sauterie sera avant tout l’occasion de rencontrer toutes celles que la perspective de taper dans un ballon motive mais qui n’ont jamais osé poussé la porte d’un club de foot. Quel que soit votre âge, votre niveau, votre poste sur le terrain, les Dégommeuses vous proposent de vous y mettre dans un cadre chaleureux et souple… Pas de compétition tous les week-ends ou d’obligation de présence à tous les entraînements : « plaisir » doit rester le maître-mot, même si nous parions que bientôt vous ne pourrez plus vous passer des retrouvailles du lundi soir au stade Louis Lumière !

Vous avez le genou en vrac, des chevilles en coton, ou pas plus envie que ça de vous mettre au foot ? Pas de problème : les Dégommeuses constituent aussi une association où vous pourrez vous investir si vous vous retrouvez derrière ces objectifs militants : promotion du sport féminin, lutte contre les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle et solidarité internationale. Mercredi soir, on tentera notamment de vous convaincre de l’utilité de notre projet en vous montrant des images de la semaine d’action « Foot For Love 2012 » et en vous parlant de notre super partenariat avec les footballeuses du township sud-africain d’Umlazi.

Bon, si vous détestez le foot et fuyez tout engagement mais que vous avez bien envie de boire un coup avec nous, venez quand même… On s’attaque même aux causes perdues d’avance ! 😉

 

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