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Foot For Love
Taclons la lesbophobie!
foot | sexisme | sport | 15.01.2014 - 10 h 33 | 3 COMMENTAIRES
Ibrahimovic (et footdelles.com) zlatanés par le sexisme

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Les Dégommeuses réagissent aux propos de Zlatan sur Lotta Schelin, mais aussi à l’article « La fausse polémique Zlatan » paru sur le site Footdelles.com

En octobre dernier, les Dégommeuses menaient une action de sensibilisation contre le sexisme et l’homophobie, devant le Parc des Princes, à destination des supporters venus assister au match PSG-Bastia. Connaissant la passion des supporters parisiens pour Zlatan Ibrahimovic, et non sans y avoir réfléchi à deux fois[1], nous avons osé ce slogan : « Zlatanons le sexisme ». Malheureusement, les récentes déclarations du champion suédois nous font penser que c’est plutôt le sexisme qui a « zlatané » Ibra !

En effet, avec l’arrogance qu’on lui connaît, l’attaquant vedette du PSG s’est indigné d’avoir été comparé… à une femme ! « Quand je suis à l’étranger, on me compare à Messi et Ronaldo. Quand je rentre en Suède, on me compare à des footballeuses. L’été dernier on m’a demandé : « Qui est le meilleur : Lotta Schelin ou vous ?  (…) Non mais c’est une blague ou quoi ?! ». Comprenez : on ne peut pas comparer un footballeur à une footballeuse, parce qu’un homme qui joue au foot est  intrinsèquement plus fort et plus performant qu’une femme, c’est la nature qui le veut… Imparable, non ? Sauf, qu’à y regarder de plus près, les choses sont moins évidentes qu’il n’y paraît. Si on ne peut pas comparer Lotta Schelin à Zlatan, est-ce beaucoup moins extravagant de mettre sur le même plan Lionel Messi, qui mesure à peine 1,69cm pour 67kg, et le colosse Ibrahimovic, qui peut compter sur 25 centimètres et 30 kilos de muscles de plus que « la puce » du FC Barcelone ? Pourtant, personne ne s’offusque de cette comparaison, pas même Zlatan. Messi est d’ailleurs devenu le premier joueur à remporter quatre ballons d’or d’affilée et nombreux sont ceux qui considèrent qu’un autre lutin argentin – Diego Maradona – restera comme le meilleur joueur de l’histoire du football. Sur ce constat, les commentateurs sportifs continuent de vendre du rêve aux passionnés de foot du monde entier en leur présentant volontiers le football comme « ce sport dans lequel il est possible de réussir sans avoir un physique de titan. Au final, la seul pensé, la barrière symbolique suprême et infranchissable, est bien celle qui sépare les hommes et les femmes : toute comparaison est réfutée a priori – « ça ne se discute pas ! ».

Le « titan » Ibra, avec la « pulga » Messi

Avec cette histoire, nous sommes donc véritablement au cœur des manifestations du sexisme dans le sport. La supposée différence des sexes est ancrée – et maintenue bien figée – dans la nature pour justifier la hiérarchie des sexes : les écarts de salaires entre joueurs et joueuses, la différence de traitement médiatique qui pénalise les sportives, le dénigrement systématique que doivent subir les femmes qui s’aventurent sur des terrains de jeu traditionnellement réservés aux hommes. Certains se défendent de toute attitude sexiste en nous expliquant que, nous les femmes, avons aussi nos domaines sportifs de prédilection (rassurez-vous mesdames, personne ne s’offusquera de votre domination en patinage artistique, où votre grâce « naturelle » fait tellement merveille). Les mêmes, et d’autres encore, avancent à l’emporte-pièce – comme dans l’article publié par footdelles.com qui nous amène à réagir aujourd’hui – que si « la comparaison [entre foot masculin et foot féminin] ne tient pas la route », c’est parce que « trop d’aspects distinguent encore ces deux pratiques [sic] : la médiatisation, l’argent généré, l’audience dans les stades, l’histoire »… Mais, enfin, qui pour rappeler que la notoriété et les profits générés par Hope Solo ou Abby Wambach sur le continent nord-américain dépassent globalement ceux de leurs homologues masculins ? Qui pour signaler que si le foot féminin n’a pu se développer à la hauteur du foot masculin en Europe, c’est tout simplement parce que son succès, au début du siècle dernier, fut tel que certains prirent peur qu’il permette aux femmes une trop grande émancipation et préférèrent alors l’interdire purement et simplement ? Qui pour expliquer encore que les normes autour duquel ce sport s’est construit ont été et continuent d’être façonnées pour correspondre à des corps masculins (qu’on s’arrête ne serait-ce qu’un instant pour penser à la taille des cages au lieu de remettre toujours en cause la « faiblesse » des gardiennes de but féminines) ? Et qui pour défendre l’intérêt d’expérimentations de la pratique du football en mixité[2].

Dans ce contexte, oui, quelle déception que de constater qu’au lieu de profiter de l’occasion pour déconstruire toutes les fausses évidences qui polluent la perception du foot féminin, le site footdelles.com participe à leur reproduction. Ainsi, il n’a publié qu’un seul article suite aux propos de Zlatan Ibrahimovic, et en l’occurrence un article titré « Zlatan : la fausse polémique », qui niait le caractère sexiste desdits propos, en usant de formules méprisantes telles que « il est évident que la comparaison entre ces deux footballs ne tient pas la route », ou encore en mettant en avant, à sa décharge, le fait que le joueur suédois aurait tenté de convaincre sa compatriote Lotta Schelin de s’engager au PSG. Il est vrai que Zlatan n’en est pas à son premier coup d’essai. La polémique, il connaît et il la manie à la perfection. C’est sans doute ce qui explique aussi qu’il compte autant de fans parmi les journalistes. Cependant, ce que nous attendons d’un site supposé promouvoir le foot féminin est à la fois d’être intransigeant envers les commentaires dépréciatifs sur le foot féminin[3] et d’aider la frange la moins avertie de son public à remettre en question ses représentations.

En tant que féministes, nous ne connaissons que trop bien ces reproches qui nous sont si souvent adressés lorsque nous nous indignons face à une énième manifestation de sexisme : « vous n’avez pas de sens de l’humour, ce n’était qu’une mauvaise blague » ; « vous exagérez, vous voyez vraiment le mal partout », ou, pire, « à force de vous plaindre, vous allez finir par desservir votre cause ». Cette suffisance reflète bien les rapports de force qui régissent tous les secteurs de la société (y compris le sport), et qui dictent aux femmes jusqu’où elles peuvent pousser leurs revendications et à quel moment elles doivent rester silencieuses. Nous n’avons pas envie de nous taire et nous cherchons des allié-e-s. Pourrons-nous compter sur vous à l’avenir ?


[1] Les Dégommeuses avaient déjà eu l’occasion de réagir publiquement ces derniers mois aux propos de Bernard Lacombe, Pierre Ménès, Laurent Blanc ou encore Gennaro Gattuso, laissant tous plus ou moins entendre que le foot n’était pas une affaire de filles.

[2] Si Helen MacArthur a pu faire reconnaître qu’elle avait le niveau des navigateurs masculins – dans un sport exigeant aussi de la force physique –, n’est-ce pas d’abord parce qu’elle a été autorisée à concourir dans la même catégorie qu’eux?

[3] Zlatan Ibrahimovic ne s’est d’ailleurs pas contenté de dire que la comparaison entre hommes et femmes dans le foot ne tenait pas debout ; à la question de savoir quel serait le cadeau le plus adapté pour récompenser la recordwoman des sélections en équipe de Suède, il a répondu ceci : « on pourrait lui offrir un vélo avec mon autographe et cela suffira ! ». Pour mémoire, le détenteur du record en équipe de Suède masculine avait eu droit à une Volvo flambant neuve.

Les Dégommeuses | sexisme | sport | 13.05.2013 - 09 h 28 | 11 COMMENTAIRES
Des footballeuses agressées dans l’indifférence générale dans un stade parisien

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Communiqué de presse

Paris, le 13 mai 2013

Alors que cette semaine sera marquée par l’organisation des premiers Etats Généraux du sport féminin en équipe, à Bourges, les 16 et 17 mai, l’association Les Dégommeuses tient à alerter l’ensemble de la communauté sportive quant aux violences et aux discriminations quotidiennes que rencontrent les femmes engagées dans la pratique sportive.

Le lundi 6 mai 2013, les joueuses de l’équipe féminine de football parisienne « Les Dégommeuses »  se sont fait violemment agresser par un groupe d’adolescents, au cours d’un de leurs entraînements hebdomadaires.

Venus se poster sur le toit d’un immeuble jouxtant le terrain de football, une dizaine de jeunes garçons ont commencé par interpeller les joueuses avec des insultes sexistes (« sales putes », « suce-moi la bite », etc.) accompagnées de gestes à connotation sexuelle. Les adolescents ont ensuite mis la main sur un stock d’une vingtaine de bouteilles d’eau pleines, qu’ils ont lancées du haut du bâtiment en visant les joueuses. Si, fort heureusement, celles-ci ont réussi à esquiver les bouteilles et aucune n’a été blessée, les conséquences de ces agressions auraient pu être dramatiques.

Cette scène a duré une bonne vingtaine de minutes et s’est déroulée dans l’indifférence générale. En effet, les joueurs qui évoluaient sur l’autre moitié de terrain du stade, ce soir là, dans le cadre d’une compétition régionale de foot à 7, n’ont pas daigné réagir. Et lorsque la police est arrivée et les a questionnés, ils ont feint, pour la quasi totalité d’entre eux, de n’avoir rien vu. Quant à l’arbitre, il a déclaré qu’il avait entraperçu ce qu’il se passait, mais qu’il ne pouvait tout simplement pas interrompre un quart de finale de coupe! Les quelques employés municipaux présents dans l’enceinte ont tardé à intervenir et n’ont pas semblé mesurer bien davantage la gravité de la situation.

Face à la portée de ces faits, les Dégommeuses estiment qu’il est intolérable que des joueuses de football viennent s’entraîner avec la peur au ventre, parce qu’elles ne se sentent pas en sécurité, ou avec le sentiment qu’elles n’ont pas leur place sur un terrain de football, parce que tout est fait pour les dissuader d’occuper cet espace. Elles en appellent donc à la responsabilité des élus et de l’ensemble des acteurs de la jeunesse pour protéger les unes et éduquer les autres.

Convaincues que le changement des comportements passera avant tout par la prévention, les Dégommeuses demandent que des actions de sensibilisation contre le sexisme soient mises en œuvre très rapidement en direction à la fois des jeunes de la Ville de Paris et des agents municipaux.

Plus largement, les Dégommeuses espèrent que les faits malheureux qui se sont produits permettront de mettre en évidence la nécessité d’octroyer des moyens beaucoup plus importants pour la lutte contre le sexisme dans le milieu sportif (en particulier dans les sports traditionnellement considérés comme plutôt « masculins » comme le football) afin d’encourager et de protéger la pratique sportive des femmes.

associations | sport | 15.10.2012 - 12 h 27 | 1 COMMENTAIRES
Soirée FOL & FFFOOT mercredi 17 octobre à la Mutinerie, à Paris

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En ce début d’octobre pluvieux, difficile de se motiver pour sortir, a fortiori pour aller faire du sport ! Heureusement, les Dégommeuses et leurs copines de Fol Effet pensent à vous ! Parce que le foot c’est bien mais le foot + la fête c’est mieux, rendez-vous mercredi 17 octobre à la Mutinerie, dès 19h, pour la soirée «FOL & FFFOOT».

Cette petite sauterie sera avant tout l’occasion de rencontrer toutes celles que la perspective de taper dans un ballon motive mais qui n’ont jamais osé poussé la porte d’un club de foot. Quel que soit votre âge, votre niveau, votre poste sur le terrain, les Dégommeuses vous proposent de vous y mettre dans un cadre chaleureux et souple… Pas de compétition tous les week-ends ou d’obligation de présence à tous les entraînements : « plaisir » doit rester le maître-mot, même si nous parions que bientôt vous ne pourrez plus vous passer des retrouvailles du lundi soir au stade Louis Lumière !

Vous avez le genou en vrac, des chevilles en coton, ou pas plus envie que ça de vous mettre au foot ? Pas de problème : les Dégommeuses constituent aussi une association où vous pourrez vous investir si vous vous retrouvez derrière ces objectifs militants : promotion du sport féminin, lutte contre les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle et solidarité internationale. Mercredi soir, on tentera notamment de vous convaincre de l’utilité de notre projet en vous montrant des images de la semaine d’action « Foot For Love 2012 » et en vous parlant de notre super partenariat avec les footballeuses du township sud-africain d’Umlazi.

Bon, si vous détestez le foot et fuyez tout engagement mais que vous avez bien envie de boire un coup avec nous, venez quand même… On s’attaque même aux causes perdues d’avance ! 😉

 

Afrique du Sud | Foot for love | La p'tite Blan | Les Dégommeuses | Océane Rose Marie | solidarité internationale | 25.05.2012 - 00 h 51 | 0 COMMENTAIRES
On transpire toutes avec Océanerosemarie pour Foot For Love !

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Océanerosemarie, qui triomphe actuellement en tournée dans le spectacle « La lesbienne invisible », a été une des premières à croire au projet Foot For Love. Elle était aussi aux côtés de la p’tite Blan pour animer le « Sexy Loto » mémorable organisé par les Dégommeuses le 13 mai, chez Rosa Bonheur.

Dans cette vidéo interdite aux moins de 16 ans, Océane se dévoile : elle vous invite à venir transpirer avec elle… et nous !!!*

…Alors,  vous êtes de la « party » ???  😉

*NB : La transpiration, au sens propre (si l’on peut dire), commence dès demain, samedi 26 mai, avec la participation des Dégommeuses au tournoi de foot du TIP, au stade Maryse Hilsz, métro Porte de Montreuil (10h-17h). Venez supporter notre équipe et n’oubliez pas que la collecte de fonds au profit de Foot For Love continue, notamment via le site de crowdfunding Kiss Kiss Bank Bank : http://www.kisskissbankbank.com/projects/foot-for-love

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