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foot | Les Dégommeuses | militantisme | 27.02.2014 - 11 h 06 | 1 COMMENTAIRES
Ouverture des Open Games à Moscou : cette cérémonie sans applaudissements…

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(English below)

Quelques heures avant le début de la Cérémonie d’ouverture des Open Games, alors que la délégation française survolait encore les bois de bouleaux recouverts de neige, la fédération sportive LGBT russe vivait l’enfer : plus de la moitié des sites sportifs déclaraient forfait, l’hôtel censé accueillir une quarantaine d’athlètes LGBT venus de toute la  Russie faisait savoir qu’il annulait la réservation parce que « un groupe d’enfants était logé à l’hôtel » et même le lieu de déroulement  de la cérémonie, réservé depuis des semaines, n’était finalement plus disponible. Ainsi va la vie des lesbiennes, gays, trans dans la Russie de Poutine. Une vie de sous-entendus sournois, de harcèlement policier, de pressions gouvernementales, mais aussi de solidarité communautaire et de détermination sans faille pour continuer à résister et être visibles. « Ces jeux auront bien lieu », déclaraient donc hier Konstantin Iablotski et Viktor Romanov, les fondateurs de la Fédération sportives gay et lesbiennes russe, lors de la cérémonie d’ouverture improvisée au sous-sol d’un bar du centre ville de Moscou. Une cérémonie, il faut le souligner, qui avait l’allure d’une rencontre clandestine : non seulement elle avait lieu derrière un épais rideau surveillé, mais les applaudissements y étaient interdits, par peur d’attirer l’attention des autres clients du bar. C’est en secouant les mains en l’air que le public muet a exprimé tout au long de la soirée sa grande émotion et le bonheur d’être là.

Pas d'applaudissements pour ne pas attirer l'attention

Pas d’applaudissements pour ne pas attirer l’attention

Parmi les moments forts de la cérémonie, le déploiement du drapeau arc-en-ciel amené depuis la France par la délégation de Paris 2018, qui accueillera les Gay Games dans quatre ans. Ce même drapeau avait traversé Paris et Rennes lors du Relais pour l’Egalité qui avait été organisé en correspondance de l’ouverture des Jeux de Sotchi. Elvina Yuvakaeva, l’une des organisatrices de Open Games, a remercié la trentaine de personnes venues de l’étranger en signe de solidarité avec la communauté LGBT russe, soulignant que « les soutiens internationaux ont été et continuent à être déterminants » dans l’organisation des Open Games et dans la bataille pour les droits des LGBT en Russie.*

La délégation de Paris 2018 avec le drapeau arc-en-ciel du relais pour l’égalité

Le clou de la cérémonie à été l’arrivée sur scène de Greg Louganis. Le plurimédaillé olympique, ouvertement gay et séropositif, a salué le courage et la ténacité de ses  hôtes et a lu une lettre qu’il a écrite à son « soi » âgé de 16 ans. « Je sais que tu ne me crois pas, mais les choses vont s’améliorer, et que ces années noires vont être derrière toi » a-t-il affirmé, ému, évoquant notamment une tentative de suicide à l’adolescence.  « Tu vas tomber plusieurs fois, mais tu vas te relever,  tu vas aimer ta vie et les gens qui la partageront avec toi », a-t-il conclu devant des dizaines de mains levées en signe d’émotion partagée. Un message d’espoir dont ont bien besoin les jeunes LGBT russes aujourd’hui.

(Translation: Mark Naimark for gaygames.org)

A few hours before the start of opening ceremony of the Russian Open Games, while the French delegation was still flying over the snow-covered birch forests, the Russian LGBT Sports Federation was going through hell. More than half the sports venues had canceled. The hotel that was supposed to house forty athletes from all over Russia canceled as well, giving the excuse that “a group of children was staying at the hotel”. Even the club where opening ceremony was to take place, which had been reserved for several weeks, was “no longer available”.

This is the life of LGBTs in Putin’s Russia. A life of nasty suggestions, of police harassment, of government pressure. But also a life of community solidarity and steadfast determination to continue to resist and to remain visible. “The games will take place”, assured Konstantin Yablotskiy and Viktor Romanov, founders of the Russian LGBT Sports Federation at the opening ceremony, organized at the last minute in the basement of a bar in the center of Moscow. A ceremony that seemed more like a clandestine meeting: behind a thick curtain, carefully monitored to prevent outsiders from entering, no applause, lest it draw attention from the other patrons of the bar. Those present adopted the deaf form of applause, turning their upraised hands, to express throughout the evening their emotion and happiness at being present.

Among the highlights of the ceremony, the presentation of the rainbow flag brought from France by Paris 2018, host of the tenth edition of the Gay Games. This same flag had been carried through Paris and other cities in France as part of the Remote Pride House “Relays for Equality” organized by the Réseau Egalité in solidarity with Sochi. Elvina Yuvakaeva, chair of the ROG, thanked the thirty-odd foreigners present for their solidarity with the Russian LGBT community. She stated that “international support has been and continues to be essential” in the organization of the ROG and the defense of LGBT rights in Russia.

But the most silent applause was for Greg Louganis. The multimedal Olympic divers, gay and HIV-positive, saluted the courage and tenacity of our hosts. He read a letter he wrote to himself at age 16 (read it here): “I know you won’t believe me, but it will get better, and these dark years will soon be behind you”, moved as his spoke of a teenage suicide attempt. “You will fall and fall again, but you’ll pick yourself up. You will love life and the people who share it with you,” he concluded to the sight of dozens of hands raised in silent applause for a message of hope to be heard by young Russian LGBTs today.

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