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Foot For Love
Taclons la lesbophobie!
Les Dégommeuses | sexisme | sport | 13.05.2013 - 09 h 28 | 11 COMMENTAIRES
Des footballeuses agressées dans l’indifférence générale dans un stade parisien

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Communiqué de presse

Paris, le 13 mai 2013

Alors que cette semaine sera marquée par l’organisation des premiers Etats Généraux du sport féminin en équipe, à Bourges, les 16 et 17 mai, l’association Les Dégommeuses tient à alerter l’ensemble de la communauté sportive quant aux violences et aux discriminations quotidiennes que rencontrent les femmes engagées dans la pratique sportive.

Le lundi 6 mai 2013, les joueuses de l’équipe féminine de football parisienne « Les Dégommeuses »  se sont fait violemment agresser par un groupe d’adolescents, au cours d’un de leurs entraînements hebdomadaires.

Venus se poster sur le toit d’un immeuble jouxtant le terrain de football, une dizaine de jeunes garçons ont commencé par interpeller les joueuses avec des insultes sexistes (« sales putes », « suce-moi la bite », etc.) accompagnées de gestes à connotation sexuelle. Les adolescents ont ensuite mis la main sur un stock d’une vingtaine de bouteilles d’eau pleines, qu’ils ont lancées du haut du bâtiment en visant les joueuses. Si, fort heureusement, celles-ci ont réussi à esquiver les bouteilles et aucune n’a été blessée, les conséquences de ces agressions auraient pu être dramatiques.

Cette scène a duré une bonne vingtaine de minutes et s’est déroulée dans l’indifférence générale. En effet, les joueurs qui évoluaient sur l’autre moitié de terrain du stade, ce soir là, dans le cadre d’une compétition régionale de foot à 7, n’ont pas daigné réagir. Et lorsque la police est arrivée et les a questionnés, ils ont feint, pour la quasi totalité d’entre eux, de n’avoir rien vu. Quant à l’arbitre, il a déclaré qu’il avait entraperçu ce qu’il se passait, mais qu’il ne pouvait tout simplement pas interrompre un quart de finale de coupe! Les quelques employés municipaux présents dans l’enceinte ont tardé à intervenir et n’ont pas semblé mesurer bien davantage la gravité de la situation.

Face à la portée de ces faits, les Dégommeuses estiment qu’il est intolérable que des joueuses de football viennent s’entraîner avec la peur au ventre, parce qu’elles ne se sentent pas en sécurité, ou avec le sentiment qu’elles n’ont pas leur place sur un terrain de football, parce que tout est fait pour les dissuader d’occuper cet espace. Elles en appellent donc à la responsabilité des élus et de l’ensemble des acteurs de la jeunesse pour protéger les unes et éduquer les autres.

Convaincues que le changement des comportements passera avant tout par la prévention, les Dégommeuses demandent que des actions de sensibilisation contre le sexisme soient mises en œuvre très rapidement en direction à la fois des jeunes de la Ville de Paris et des agents municipaux.

Plus largement, les Dégommeuses espèrent que les faits malheureux qui se sont produits permettront de mettre en évidence la nécessité d’octroyer des moyens beaucoup plus importants pour la lutte contre le sexisme dans le milieu sportif (en particulier dans les sports traditionnellement considérés comme plutôt « masculins » comme le football) afin d’encourager et de protéger la pratique sportive des femmes.

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